Vendredi Découverte - SaltKrake – une histoire de résidus miniers / Saltkrake : A story of residues - Film de recherche réalisé par Marie Lusson et Christelle Gramaglia

Vendredi 20 Septembre 2019 de 11h à midi, Marie Lusson et Christelle Gramaglia nous présenterons leur film de recherche, réalisé récemment et intiulé "SaltKrake – une histoire de résidus miniers / Saltkrake : A story of residues"

Suite à la projection nous proposerons une mise en discussion sur ces trois points :

- La place de la caméra dans le dispositif d’enquête ethnographique ;

- L’image comme objet de médiation complémentaire à l’article scientifique ;

- La question du sensible dans le récit.

 

SaltKrake – une histoire de résidus miniers

Résumé : Dans beaucoup de sites industriels ou miniers que nous avons parcourus dans le cadre de nos recherches, la pollution est majoritairement devenue invisible, régulée sinon empêchée, par la surveillance règlementaire. Parfois elle se rappelle au bon souvenir des riverains par une odeur, un panache inhabituel sorti d’une cheminée, des dépôts colorés sur les voitures ou le mobiliser urbain, mais généralement elle reste insaisissable par les sens seuls. Des instruments sont nécessaires pour la percer à jour, avec leur puissance de calcul, mais aussi leurs angles morts. Dans les ruelles des villes et villages de la Sierra minera de Cartagena, les conséquences de l’extractivisme qui s’est mis en place au cours du XXe siècle, sautent presque aux yeux. Les collines sont mitées par de très nombreux puits de mine et carrières à ciel ouvert devenues des lacs acides avec le temps. On y trouve aussi des amas de résidus miniers rougeoyants, gorgés de sulfures métalliques. L’envie de faire ce film, à l’issue d’une enquête socioéconomique classique, est née ces propriétés visuelles exceptionnelles, pour montrer et faire ressentir au-delà des mots imprimés… Si plusieurs équipes de scientifiques travaillent sur ce terrain pour étudier les risques environnementaux et sanitaires, la trajectoire de l’un d’entre eux a retenu toute notre attention. Il s’agit du scientifique et lanceur d’alerte José Matias Castejon qui est le seul à avoir suivi la piste des résidus des collines de la Sierra jusqu’aux espaces habités, et à avoir posé la question de leurs effets concrets sur la vie quotidienne des riverains. Il est aussi parvenu à démontrer que la question des résidus miniers n’était pas une question simplement technique, mais aussi et même surtout une question politique. "

 

Saltkrake : A story of residues

Abstract : The Sierra Minera of Cartagena is a former mining territory located in the South-East of Spain. If the extraction of lead started in pre-Roman times before stopping in the 1990s, the scars of the last decades of exploitation are the most visible. Minerals have long been extracted underground and artisanal, but in the 1950s, Penarroya bought most of the concessions and opened the first open pits. Technical innovations have led to the intensification of extractive practices, transforming the soil into a succession of holes, acid lakes and piles of reddish tailings. Today, the Sierra covers an area of ​​10 km2. There are about 80 piles of uneven-sized tailings, not rehabilitated. The erosion precipitates residues in the nearest towns and villages.

This paper/film/performance questions the fate of residues, whose toxicity has long been ignored, before being the subject of controversy, since a scientist analyzed dust samples taken from school yards then children’s nails and hair. With words and images, we retrace the trajectory of the alert which made it possible to understand residues dispersion as well as their transformation into salts that are particularly bioavailable. We experiment with what could be seen as a visual/sensitive "chemo-ethnographic" investigation, following residents on several fronts to 1. locate these efflorescence and make visible the threat they pose, and 2. Reflect on their politial existence, in a form and in places where their harmfulness is increased. We conclude with some ideas on survival in ruins of capitalism.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer