2020 - Offre Thèse Université Montpellier / EDEG 2020 "Mécanismes d’approbation pour la gestion d’une ressource commune : une expérimentation de terrain sur l’eau d’irrigation en Tunisie"

 
Contexte :
L’eau d’irrigation est une ressource cruciale pour le développement économique et social en Tunisie (Al Atiri, 2007 ; Lavenus et al., 2016 ; Elloumi, 2016). Dans un contexte de décentralisation et de délegation du rôle de l’Etat, une part importante de la gestion de cette eau d’irrigation a été confiée aux Groupements de Développement Agricole (GDA) (Canesse, 2010 ; Hamdane, 2014). Ces groupements souffrent cependant de problèmes liés d’une part à la difficulté de gérer les intérêts divergents (privés, publics) sur une ressource commune ‘cachée’ comme l’eau souterraine et d’autre part au manque de reconnaissance de la part des usagers, qui se manifeste essentiellement par un faible consentement de leur part à payer les redevances (Mouri et Marlet, 2007).

Un autre problème qui mérite attention est la surexploitation des nappes, due souvent à un comportement ‘prédateur’ des agriculteurs irrigants, identifié en économie sous le nom de ‘passager clandestin’ (free rider). Ce comportement, étudié depuis des décennies sur les ressources communes (common pool resources - CPR) en laboratoire et sur le terrain (Ostrom, 1999 ; Janssen et al., 2011), peut être limité par la mise en place de règles communes décidées et approuvées par les usagers mêmes au sein d’une organisation qui gère la ressource (ici les GDA).

Dans certaines zones de Tunisie, comme le gouvernorat de Kébili, les superficies des oasis ont augmenté de plus de 50% de 2008 à 2018. Ces extensions présentent une menace réelle pour la durabilité des écosystèmes avec notamment une forte pression non contrôlée sur la ressource eau. Les décideurs publics et les producteurs oasiens sont à la recherche de solutions innovantes pour la gestion de l’eau et des sols, le choix des cultures et de modes de valorisation permettant le développement de nouvelles chaines de valeurs territorialisées durables, et in fine l’amélioration du revenu des ménages oasiens.

Une analyse comportementale des choix de prélèvement de l’eau d’irrigation par les agriculteurs des GDA tunisiennes se justifie du fait de la nécessité d’identifier des mécanismes de gestion de ces institutions, basés sur des règles acceptées et reconnues par les usagers. Ce type de règles peut permettre en effet de contrôler les phénomènes de ‘free-riding’ et de prélèvement illégal de l’eau souterraine au sein des GDA tout en promouvant des comportements coopératifs parmi les agriculteurs (Ostrom, 2000).
 
 
Mots clés : Eau Irrigation, Economie experimentale, Mécanismes d’approbation, Experience de terrain, Oasis.
 
Profil et compétences recherchées : 
L’expérimentation économique contrôlée de terrain sera l’outil méthodologique mobilisé au sein de cette thèse. Le/la candidat(e) doit avoir été confronté(e) à cette méthode et avoir une excellente capacité à formaliser des problèmes économiques, produire et implémenter des protocoles expérimentaux, analyser économétriquement les données collectées et produire et discuter les résultats obtenus.
Compte tenu de la nature du travail attendu, une bonne capacité à mener des recherches sur le terrain, même en conditions difficiles, et en collaboration avec les acteurs locaux est extrêmement importante.
La connaissance de logiciels informatiques pour construire des programmes expérimentaux (z-Tree) et de traitement des données collectées (R ou Stata) sont des atouts importants.
Connaissance des langues : français et anglais (écrit, oral, capacité rédactionnelle avérée), la connaissance de l’arabe pour les activités de terrain serait un avantage important.

Niveau de français requis : Compétent/Courant: Vous pouvez utiliser la langue avec aisance et facilité en argumentant sur des sujets complexes.

Niveau d'anglais requis : Avancé: Vous pouvez parler la langue de manière plus complexe, spontanée et sur des sujets variés.
 
Conditions scientifiques matérielles (conditions de sécurité spécifiques) et financières du projet de recherches :
Le travail de thèse se déroulera à l'UMR G-Eau, Montpellier en étroite collaboration avec l'UM/ LEEM. Le travail de terrain se réalisera en Tunisie, dans le gouvernorat de Kebili, en zone sure pour la réalisation d'enquêtes et d'expériences de terrain. L'appui fourni par les collègues de l'INAT Tunis sera essentiel pour la bonne réalisation du travail de terrain.
Un projet IRESA sur la résilience des systèmes oasiens couvrira les frais de terrain de cette thèse.
 
 
Précisions sur l'encadrement :
Encadrement : Stefano FAROLFI (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) - Co-Directeur : Marc WILLINGER (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
Co-encadrement : Sylvie MORARDET, G-Eau INRAE, INAT Tunis CSI: Faten KHAMASSI, INAT Tunis Douadia BOUGHERARA, CEE-M, INRAE, Montpellier Dimitri DUBOIS, CEE-M, CNRS, Montpellier Tristan LE COTTY, CIRED, Cirad, Montpellier
 
 
Début de la thèse : 1er octobre 2020
 
Date limite de candidature : 30 juin 2020
ATTENTION !!! La candidature doit être faite sur le site de l’EDEG : https://edeg.umontpellier.fr/
 
Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le document ci-contre et/ou vous rendre sur le site web : https://edeg.umontpellier.fr/ à la rubrique "CONTRATS DOCTORAUX" - "Propositions sujets EDEG 2020" 
 
Télécharger les pièces jointes :
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