Durance Laurenceau these© Source : https://www.serreponcon-tourisme.com/

 

 

 

La gestion et la gouvernance de l’eau sont au coeur des enjeux actuels de transition écologique. En effet, la situation des bassins du sud de la France face au changement climatique est préoccupante. Les dernières estimations prévoient une augmentation des températures d’ici 2100 de 1.5 à 2 degrés Celsius, avec une augmentation du nombre de vagues de chaleur dans le sud, diminuant les débits d’étiage et les ressources en eau (Fabre 2012 ; Ministère de l’Environnement 2017). Cela peut augmenter les risques de fermeture de bassin versant, qui a lieu lorsque les quantités d’eau présentes ne permettent plus d’assurer l’approvisionnement régulier des différents usagers ou le maintien des écosystèmes et de leurs fonctions écologiques, comme la dilution des pollutions, le transport des sédiments et la qualité d’habitats d’une grande biodiversité (Molle 2008).


Dans cette situation critique, la question de la gouvernance de l’eau et de l’articulation des échelles de gestion existantes est essentielle. Succédant à une période de grands aménagements des rivières gérés par l’État, à partir du début du XXe siècle et jusque dans les années 1970, la décentralisation et la diversité des enjeux ont conduit à la territorialisation de la gestion de l’eau (Lascoumes et Le Bourhis 1998 ; Ghiotti 2006). Cela a entraîné son implication avec d’autres filières de gestion des espaces, comme l’agriculture, l’urbanisme ou la gestion des milieux naturels (Narcy 2004). La gestion de l’eau fait donc partie de projets de territoires, et ses liens avec la qualité des milieux et la préservation de la biodiversité ont été renforcés dans les dernières législations européennes (DCE, 2000) et françaises (LEMA, 2006 et MAPTAM, 2014 ; Colon et al. 2017). L’objectif principal de la thèse consiste à analyser les phénomènes d’interaction entre l’aménagement de l’hydrosystème et l’environnement d’une part, et les modes d’actions publiques et de gouvernance d’autre part, à travers la trajectoire historique du bassin versant de la Durance. La compréhension fine de ces interactions pourra éclairer les enjeux actuels de la gouvernance territoriale de l’eau face à l’urgence climatique et environnementale. La première partie de la thèse retracera l’histoire longue du bassin, en analysant dans un premier temps l’évolution de l’hydrosystème, ses aménagements successifs et les interdépendances générées entre les différents acteurs. Ensuite, l’évolution des instruments de politique publique mobilisés et les régimes de droits d’usage seront
analysés, en se concentrant sur l’appropriation des instruments par les acteurs locaux (Lascoumes 2007 ; Lascoumes et Simard 2011). Bien que le bassin de la Durance ait fait l'objet de nombreux travaux dans différentes disciplines, ceux-ci n'ont souvent considéré qu'une partie, époque, ou problématique particulière. Cette partie synthétique reposera largement sur l'ensemble de ces travaux passés ainsi que sur des études récentes d'envergure (Plan Durance Multi-Usages 2005–2015, SOURSE, etc). La deuxième partie portera sur les enjeux actuels et futurs concernant la (ré)allocation de l'eau et les externalités induites par ces redistributions spatiales de la ressource. Elle s’appuiera sur une analyse des travaux de prospective existants (R2D2) et sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès des principaux acteurs (EDF, Société du Canal de Provence, État, collectivités territoriales, irrigants, opérateurs touristiques…). Cette thèse permettra ainsi d’apporter des éléments de réponses sur le rôle de l’État dans les politiques de l’eau en France (Cour des Comptes 2015) et plus généralement sur les questions de gouvernance dans un contexte de sécheresse accrue, de perte de biodiversité et de tension sur la ressource.

Notre prochain séminaire IM2E Sciences Sociales se tiendra le mercredi 24 octobre de 9h30 à 12h à la Maison des Sciences de l’Homme. Nous aurons le plaisir d’accueillir deux chercheurs venant de Postdam (Allemagne) et qui travaillent sur l’évaluation économique des conséquences et des adaptations face aux inondations :

  • Heidi Kreibich, head of the working group "Flood risk and climate adaptation" at the Section Hydrology, German Research Centre for Geosciences GFZ
  • Paul Hudson, Postdoctoral Researcher at University of Potsdam (Measuring psychological/intangible impacts, and their temporal patterns, from flooding in order to link these impacts with flood risk assessments)

Vendredi 12 octobre à 11h en Salle Zenith (Maison de la Télédétection), Marlène Rio (doctorante HSM avec une contribution de Christelle Gramaglia de G-EAU pour l’encadrement) présentera ses travaux intitulés « Impact de la zone urbaine de la métropole de Montpellier sur les flux de contaminants dans le Lez et la Mosson ».

Nous comptons sur votre présence !

Vendredi 14 septembre 2018, sur le site Irstea Montpellier, à 11h en Salle Mosson, Sandrine ALLAIN présentera ses travaux intitulés « Vers une gestion structurelle de l'eau dans un territoire agricole en tension - une démarche d'évaluation multicritère multiacteur utilisant des simulations informatiques ».

Nous comptons sur votre participation !

Le projet VIANA étend une recherche existante sur les vulnérabilités de l’agriculture irriguée au Maghreb, en caractérisant de potentielles solutions agroécologiques locales, et en analysant le contexte nécessaire/favorable à l’émergence de ce genre de pratiques. En utilisant le concept de capacité adaptative, et en faisant l’hypothèse qu’il existe des potentielles d’adaptations et d’innovations fortes au niveau de territoire, l’objectif de ce projet est d’identifier, caractériser et co-évaluer les pratiques locales et systèmes à bas-intrants, développés par les acteurs à différents échelles (parcelle, exploitations, territoire) pour faire face à ces vulnérabilités.

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