Analyse de la circularité de l'eau d'irrigation en contexte saharien - cas des oasis du M'Zab (Algérie) - SAIDANI Mohamed Amine

L’émergence et la pérennité de la vie dans les oasis du M’Zab dans le Sahara algérien sont fortement liées à mobilisation d’une pluralité de ressources en eau. Les pionniers avaient pensé́ et réalisé, dès le XIème siècle, un dispositif hydraulique ingénieux circulaire, qui conjuguait l’utilisation des ressources en eau superficielle et souterraine. Ce système a connu beaucoup d’adaptations à travers le temps face aux changements dans les contextes socio-économique et climatique. La circularité du système se matérialise à travers tout un système de transport, de partage, et de stockage dans la nappe.

Ce système s’articule autour d’une organisation sociale ancestrale pour la distribution, l’allocation et le stockage de l’eau. A ce dispositif hydraulique est venu se greffer une i) organisation agro-écologique combinant l’agriculture à une production d’élevage, permettant le recyclage de la matière organique ; ii) l’utilisation de l’énergie animale pour les travaux agricoles de production et de transport, et iii) le recyclage des déchets, des nutriments, de la biomasse végétale et de l’eau au sein des systèmes de production qui accroit l’efficience d’utilisation des ressources et réduit au minimum les déchets, le gaspillage et la pollution, notamment avec l’utilisation de toilette sèche. Cependant, la promotion de nouvelles formes d’agriculture saharienne, orientées vers la rentabilité économique et situées en dehors des oasis (les « extensions »), depuis les années 1980, a remis en cause ce système circulaire. A première vue, cette rupture se matérialise à travers i) la monoculture irriguée à partir de l’eau souterraine pompée peu renouvelable, et ii) la réception par les nappes phréatiques des eaux provenant principalement des excédents des eaux domestiques et d’irrigation en plus des eaux de crues. Ainsi, si ces nouvelles formes d’agriculture s’avèrent généralement très rentables, leurs impacts environnementaux sont de plus en plus critiqués. A Oued Souf, par exemple, on assiste à une pollution et une remontée de la nappe phréatique en certains endroits, qui engendre de graves problèmes environnementaux et/ou sanitaires (Côté, 1998). Face à ses vulnérabilités environnementales, des initiatives très localisées commencent à émerger afin de promouvoir des formes d’agricultures plus durables dans le Sahara. Il s’agit par exemple des pratiques d’utilisation de l’eau plus économes, la mise en place de petits aménagements pour la recharge de la nappe, de pratiques agro-écologiques observées dans certaines exploitations agricoles, l’agriculture biologique ou la permaculture, ou encore le recyclage de déchets organiques ou plastiques. Cependant, ces initiatives sont peu documentées et ne reçoivent pas encore beaucoup d’attention.

Sur la base de ce qui est ressorti lors de nos premières missions de terrain, couplé à la lecture bibliographique, nous formulons l’hypothèse que les quatre maillons du système circulaire (Eau-Agriculture/élevage-Déchets-Énergie) décrit plus haut et qui interagissent entres eux, sont a priori les piliers de la résilience des oasis du M’Zab. Dans un nouveau contexte socio-économique et agricole, nous formulons la question suivante : Comment la notion de circularité, appliquée aux différents maillons du système oasien et leurs interactions, peut-elle inspirer un développement durable de l’agriculture dans les nouvelles formes d’agriculture saharienne ? Pour répondre à la question de recherche, nous proposons trois étapes méthodologiques :

• Analyse de la durabilité des exploitations agricoles dans les différents espaces agricoles, et déterminer le degré de circularité qui existe pour chaque maillon du système dans ces espaces à travers la méthode IDEA ;

• Analyse multiscalaire et pluridisciplinaire de la circularité de l’eau aux échelles de l’exploitation agricole et le territoire irrigué ;

• Modélisation participative des scénarios d’évolution de l’agriculture saharienne.

 

 Photo 1 Photo 2 
  Puits capteurs, les eaux de la crue sont captées et mis dans le puits pour recharger la nappe phréatique - © SAIDANI Amine

Informations supplémentaires

  • Contact:

    Doctorant : SAIDANI Mohamed Amine 
    Téléphone : 00213555910669
    E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  • INFORMATION THESE:

    École Doctorale : GAIA - Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau (en cours) et IAV Rabat
    Directeur de thèse : Marcel KUPER
    Encadrant : Ali HAMMANI
    Date Début : 01/01/2020
    Date de soutenance :

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