Tout l’enjeu pour la gouvernance locale consiste à mieux prendre en compte l’évolution du trait de côte dans les politiques publiques, de faire des choix d’urbanisme adaptés et cohérents et de prévoir sur le long terme les conséquences de ces choix. Il est ainsi question de relocaliser une partie des enjeux à l’écart des zones les plus exposées aux risques.

Le contexte méditerranéen se caractérise par une inégale répartition des précipitations dans le temps et l’espace. Historiquement, les sociétés locales ont appris à composer avec des évènements de crue et de sécheresse. Dans le sud de la France, l’hydraulique villageoise témoigne de cette maîtrise de l’eau. Mais actuellement, la présence de ces aménagements ne va plus de soi. C’est notamment le cas pour les canaux d’irrigation gravitaire (béals) qui maillent le territoire cévenol.

Contexte : Les deltas d'Asie du Sud-Est sont devenus des "objets de gouvernance mondiale" dans lesquels une grande diversité de pratiques de gestion environnementale façonnées par de multiples acteurs (agriculteurs, administrations, donateurs internationaux) peut être observée.

Le Projet DouBT « Deltas et Incertitudes : Pratiques et Savoirs de la Gouvernance des Deltas » (ANR, 2015-2019) postule que ce qui "fait un delta" dépend beaucoup du point de vue considéré et des réseaux socio techniques considérés. L'objectif global du projet est donc de comprendre comment se rencontrent et s'hybrident différentes perceptions et différents corpus de connaissances sur les "Deltas". L'objectif spécifique de l'équipe française, principalement responsable du Work Package 3, est de faire la lumière sur les connaissances et les pratiques locales (par exemple " in-delta ") en matière d'agriculture et de gestion des eaux.

Avec la fin du régime des Khmers Rouges, l'eau et l'agriculture sont devenues un enjeu national et international avec la création de la Commission du Mékong. Le Cambodge s'est inscrit dans le processus de modernisation des infrastructures hydrauliques avec l'appui des bailleurs de fonds internationaux. Dans un contexte où l'eau est tantôt surabondante, tantôt déficitaire, l'objectif de l'Etat est de maîtriser pleinement les ressources en eau nécessaires à l'augmentation de la productivité agricole en réduisant les périodes de pénurie et en orchestrant l'abondance d'eau pour l'agriculture.

           

Depuis février 2018, l'unité de recherche GREEN du Cirad s’est associée à l’UMR GEAU-IRD dans la zone des preks de la province de Kandal pour accompagner la réflexion sur le développement ou la réhabilitation des preks tout en considérant les conséquences potentielles de tels projets sur les autres usages (pâturage libre, pêche, autres cultures légumineuses, production végétale etc). Dans ce contexte en aval de Phnom Penh, la maîtrise de l'eau est un poison aussi bien qu'un antidote (Bookchin 1977). En effet, l’eau doit être évacuée le plus rapidement possible pendant les périodes de pluie, mais doit en même temps pouvoir être stockée pour être utilisée pendant la période sèche. De plus,

Sur le plan spatial, la zone du prek est divisée en deux unités centrées sur un canal principal reliant l'arrière-pays aux rivières (Bassac ou Mékong). Selon un transect amont-aval, la première zone, le chamkar, est légèrement surélevée et proche de la rivière, puis descend vers une zone inférieure, très souvent inondée pendant la saison des pluies : le boeung. La réalité géophysique de cet espace correspond à une plaine d'inondation commune à plusieurs preks. Auparavant, les canaux permettaient de gérer collectivement les ressources en eau entre ces zones mais l'intensification de la production se traduit aujourd'hui dans le chamkar par le développement de cultures à forte valeur ajoutée (arbres fruitiers, légumes, etc.) et la disparition progressive de l’usage alternatif du boeung, tantôt pour la pèche tantôt pour la riziculture, les agriculteurs tentant d'obtenir, malgré les risques, un deuxième cycle de culture. Ainsi la recherche d'une maîtrise totale de l'eau pourrait paradoxalement mettre en péril la multi-utilisation de ce territoire, conduire à l'exclusion de certaines communautés, et modifier les types d’incertitude auxquelles étaient habituellement confrontées les populations locales (inondation, production agricole, relations sociales).

 

Objectif et déroulement du stage : L’objectif du stage est (1) de rendre compte de la pluralité des perceptions de l’incertitude auxquelles les populations locales sont confrontées et (2) d’expliciter comment, en raison de ces incertitudes, les populations locales adaptent leurs modes de vie. L’analyse ne devra pas se limiter à la période actuelle mais s’inscrire dans une perspective diachronique (passée, actuelle et future).

De façon plus précise, nous attendons à ce que l’étude permette d’éclairer les points suivants :

  • Quelles sont les facteurs d’incertitude auxquels les populations se sentent soumises ? Comment se caractérisent-elles ? Il s’agit d’expliciter les diverses représentations locales de l’incertitude.
  • En quoi les infrastructures hydrauliques réhabilitées ou non modifient-elles, positivement et/ou négativement, leurs perceptions de ces incertitudes ? Il s’agit de voir en quoi la perception des incertitudes génère des configurations socio-spatiales particulières

D’un point de vue méthodologique, est attendue :

  • une analyse bibliographique sur le thème « incertitude et gestion des inondations »
  • la réalisation de cartes cognitives (par enquête).
  • une analyse comparée des représentations de l’incertitude

Le mémoire sera rédigé en français ou en anglais mais une « synthèse » en anglais (10 pages environ) sera demandée.

 

Encadrement : Au CIRAD de Montpellier, le travail sera supervisé par William’s Daré (CIRAD ; sociologue ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.@cirad.fr) et Etienne Delay (géographe et modélisateur,   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Le stagiaire sera localisé sur le site de l’UR Green, Campus International de Baillarguet, Montpellier.

Au Cambodge, le stagiaire sera accueilli à Phnom Penh à l’Université Royale d’Agriculture où Jean-Philippe Venot, coordonnateur du projet Doubt et chercheur de l’IRD, est basé.

 

Lieu et durée du stage : Le stage débutera début mars 2019 et durera 6 mois dont environ 3 mois à Montpellier et 3 mois au Cambodge.

 

Logistique : Le CIRAD assure une gratification mensuelle de 525€ ainsi que les frais de mission au Cambodge du stagiaire (vol en avion, frais de terrain et de traduction anglais-khmer, indemnité forfaitaire mensuelle de 200€ pour l’hébergement et les repas). Le terrain est situé à environ 2 heures de route de Phnom Penh. Un poste de travail et un espace de travail sera mis à la disposition du stagiaire à Montpellier.

Le premier Vendredi découverte de 2019 portait sur le thème suivant : "Les projets réalisés et en cours liés aux outils et méthodes de l'évaluation environnementale de type Analyse de Cycle de vie, menés à G-Eau et Itap, pôle ELSA (Environmental Life Cycle and Sustainability Assessment, http://www.elsa-lca.org)".

2 exposés ont été présentés :

 1) WASABI (modélisation des impacts de l'eau sur un territoire) : https://www.youtube.com/watch?v=XI-HRBpOic0&list=PLYv2QGyt7v5BSOx9NbDTtSSKt9fXwMM_A&index=11  et le Water supply mix (Philippe ROUX- Irstea UMR Itap) 

 2) Modélisation des impacts environnementaux d'un territoire irrigué basé sur l'ACV et le Diagnostic de Système Agraire (Ludivine PRADELEIX - AgroParisTech UMR G-Eau)"

Employeur
Irstea, institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la double tutelle des ministères en charge de la recherche et de l’agriculture. Les recherches conduites à Irstea sont orientées à la fois par des questionnements scientifiques et sociétaux dans les domaines de l’environnement et de l’agriculture. Elles ont pour finalités de déboucher sur des innovations pour la société et permettent l'aide aux décisions publiques ou privées. Irstea est caractérisé par une recherche finalisée.
Au sein du département Eau, l’unité mixte de recherche G-eau (Gestion de l’eau, acteurs, usages, www.g-eau.fr) regroupe 70 chercheurs et ingénieurs permanents et une cinquantaine de doctorants et postdoctorants de toutes disciplines travaillant ensemble sur les questions de gestion intégrée et adaptative de l’eau. Le stage sera conduit au sein de l’ équipe « Adaptation » de l’UMR G-eau.


Cadre et problématique
Le projet RADHY Buëch – Représentation intégrée des Adaptations locales et des Dynamiques Hydrologiques sur le bassin du Buëch (Hautes-Alpes) - cherche à représenter de manière intégrée les dynamiques sociales et hydrologiques d’un bassin versant de la Durance. L’objectif du projet est d'étudier dans quelle mesure les adaptations locales individuelles et collectives peuvent réduire (ou augmenter) les vulnérabilités des usagers de l'eau au risque de sécheresse. Une thèse débutée en octobre 2017 s’intéresse dans ce cadre au couplage d’un modèle hydrologique avec un modèle de comportement des différents usagers de l’eau avec un focus en période d’étiage. La connaissance des comportements des usagers, notamment agricoles, est nécessaire pour la construction de ce dernier modèle et fait partie des livrables du projet. Cette connaissance repose sur l’identification des variables de décisions et la caractérisation des systèmes de production, en particulier de l’irrigation. Des enquêtes de terrain préliminaires ont été réalisées auprès des principaux acteurs du bassin (Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes, Direction Départementale des Territoires des Hautes-Alpes, Syndicat Mixte de Gestion Intercommunale du Buëch et de ses Affluents, Agence Française pour la Biodiversité, associations d’irrigants) et le stage proposé vise à réaliser un diagnostic plus fin de l’usage agricole sur l’ensemble du bassin.


Objectif général du stage
Le/la stagiaire aura pour mission principale de réaliser un diagnostic agraire du bassin du Buëch. Ce diagnostic devra en particulier permettre de faire une typologie des différents systèmes d’exploitation présents sur le bassin afin d’améliorer la représentation des comportements individuels et collectifs d’usages de l’eau et de leurs déterminants dans un modèle intégré. Une attention particulière devra être portée aux différents types d’irrigations utilisés (gravitaire et souspression) et leur intégrations à la fois dans les stratégies des exploitations et dans le contexte social, hydrologique et climatique de la zone d’étude.


Contenu du stage
Le stage débutera par un travail bibliographique pour le recueil et l’analyse de la littérature existante en matière de méthodologie et de diagnostique agraire sur le bassin du Buëch. Il se poursuivra par la réalisation de campagnes de terrain (entretiens semi-directifs, questionnaires, observations agronomiques…). En parallèle des campagnes de terrain, une réflexion sera menée au sein du projet RADHY Buëch et en collaboration avec l’étudiant, sur la manière d’intégrer les connaissances produites dans le modèle de simulation construit au sein du projet. Enfin, un atelier de restitution organisé par le stagiaire avec les différents acteurs locaux pourra être organisé. Le stagiaire sera aussi amené à participer à d’autres ateliers/réunions en lien avec le projet RADHY Buëch et l’équipe « adaptation » de l’UMR. De nombreux déplacements sur le terrain sont à prévoir.


Profil souhaité
- Étudiant en master 2 sciences de l’eau ou élève ingénieur 3ème année en agronomie. Le stage requiert la maîtrise des connaissances de base en agriculture, et l'aisance dans la réalisation d’enquête de terrain avec des interlocuteurs du monde agricole en milieu rural de moyenne montagne. Une première expérience en diagnostic agraire ou la réalisation d’enquêtes de terrain seront fortement appréciées. Des connaissances en SIG sont un plus.
- Autonomie et travail en équipe.
- Permis B obligatoire.


Durée du stage
5 à 6 mois, avec prise de poste le 1er mars 2019.


Gratification
Indemnité de stage de 575 € par mois environ. Les déplacements seront de plus pris en charge par Irstea dans le cadre général des frais de mission.


Lieu
Campus Irstea - 361, rue Jean-François Breton – BP 5095 – 34196 Montpellier Cedex 5 – France


Contacts
Olivier Barreteau (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., tel : +33 (0)4 67 16 64 39)
Bastien Richard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , tel : +33 (0)4 67 04 63 52)
Bruno Bonté (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., tel : +33 (0)4 67 16 64 67)

Candidature à adresser aux contacts ci-dessus avant le 6 janvier 2019.

Lors de la séance du séminaire MATHEO de l’IM2E du Jeudi 22 novembre, 13h15, salle de conférences du laboratoire HSM (http://www.hydrosciences.org/spip.php?article5)

Gwladys TOULEMONDE, (IMAG Montpellier / INRIA équipe Lemon) a présenté ses travaux sur : « Pluies extrêmes: comment caractériser les intensités et les dépendances spatio-temporelles ? »

Voir résumé ci-contre

Le vendredi 14 Décembre de 10h à 12h30 à IRSTEA (Bâtiment Confluences http://www.irstea.fr/montpellier ), salle Mosson, nous avons eu le plaisir d’entendre deux interventions sur le thème de la "Participation et objets techniques liés à l'eau : enseignements d'une recherche appliquée" :

  • Laura Seguin, post doctorante au sein de l’UMR G-eau, nous présentera : "Faire participer pour faire accepter ? Cadrages du débat et cultures épistémiques en tension dans un projet de recherche participatif"
  • Fabienne Barataud, directrice de l’Unité ASTER (Agro-Systèmes, Territoires, Ressources) de l’INRA de Mirecourt : "Quand discuter d’aménagements hydrauliques révèle des valeurs attachées à la nature : enseignements d’une recherche participative en contexte d’agriculture intensive"

Le séminaire a présenté des résultats d'une recherche menée à partir d'un projet (Brie'eau) piloté par l'IRSTEA (G-EAU, Montpellier et HYCAR, Antony), l'INRA, et en partenariat avec des acteurs de la Seine-et-Marne (une association de protection de l'eau, la Chambre d'agriculture) et Lisode. Un des volets du projet est la mise en œuvre et l’évaluation d’une démarche participative sur les pollutions diffuses agricoles dans la Brie. La recherche en sciences sociales menée sur ce projet vise à alimenter les connaissances sur ce type d’expériences de recherche participative, conduites en partenariat avec des acteurs publics, et au caractère pluridisciplinaire.

Pour en savoir plus, téléchargez les résumés ci-contre

Vendredi 23 novembre 2018 à 11h en Salle Mosson, Romaissa OUASSISSOU (encadrée par Jean Yves Jamin) nous a présenté ses travaux intiulés : "Conflits et arrangements coopératifs entrainant l'épuisement des eaux souterraines pour l'agriculture. Cas de la nappe de Berrechid au Maroc."

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