2018 gis zabr grPhoto ©ZABR

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et les chercheurs du groupement d’intérêt scientifique de la Zone atelier du bassin du Rhône (GIS-ZABR) ont renouvelé, à Lyon, leur accord de partenariat pour développer des travaux de recherche sur le fonctionnement du Rhône et son bassin versant.

L'UMR G-EAU intervient dans le GIS-ZABR au titre d'équipe associée. Olivier Barreteau est co-animateur du thème Observation Sociale des Territoires Fluviaux.

1 Canal 900 nassifLe Canal 900 (Békaa-Ouest) construit par l'état pour distribuer l'eau du lac Karaoun n'est plus opérationnel à cause de la pollution du lac. Il est aujourd'hui utilisé comme réservoir par les agriculteurs qui y amènent l'eau de leurs forages privés - © M.H. Nassif

 

 

Cette thèse développe une analyse critique des politiques de l’eau au Liban avec une focalisation sur le secteur de l’irrigation. Elle prend comme cas d’étude le bassin supérieur du Litani couvrant la plaine agricole de la Békaa et interroge spécifiquement les politiques d’aménagement du bassin développées par l’état Libanais dans le  domaine de l’irrigation et l’agriculture. Elle prend comme cadre référentiel théorique celui de la Gouvernance de l’Eau, et développe une analyse des visions, enjeux, intérêts des différents acteurs concernés par l’élaboration des politiques d’aménagement hydraulique du bassin depuis la période ottomane (fin 19ème siècle) jusqu’aujourd’hui, en passant par le Mandat Français et la constitution de la république Libanaise (1920-1943), la période suivant l’indépendance du Liban (1943-1975), les années de guerre (1975-1990), et la période de reconstruction (1990-aujourd’hui). Outre l’approche historique et l’étude de la littérature disponible, elle se base en grande partie sur un long travail empirique (4 ans) dont l’objectif est de confronter les objectifs historiques et contemporains de gestion de l’eau agricole par l’état, à la réalité de cette gestion et de l’accès à l’eau au niveau local. La thèse est structurée en trois chapitres principaux :

1) L’analyse de la construction des politiques d’aménagement sur l’ensemble du bassin et leur impact sur l’allocation de l’eau liée aux différents projets prévus ;

2) L’analyse de la conception, la gestion et l’utilisation d’un réseau d’irrigation public faisant partie de la politique d’aménagement de l’irrigation de l’état ;

3) L’analyse du développement et de l’évolution des systèmes d’irrigation privés gérées par les communautés locales sur une partie du bassin et leur confrontation aux nouveaux plans d’aménagement planifiés récemment par l’état dans le secteur de l’eau potable.

2 Garde Canal de Qabb Elias nassifL'un des trois "Chawa" (Gardes-canal) du système d'irrigation communautaire de Qabb-ELias (Békaa centrale). Ce système séculaire, alimenté par la source karstique de Ras-El-Aïn, est encore aujourd'hui géré par la communauté de cet ancien village de la Békaa. Cependant, la source de Qabb Elias devient de moins en moins abondante, ce qui pousse la communauté à s'orienter vers l'usage de l'eau souterraine comme complément. © M.H. Nassif

Un réseau pour accompagner les dynamiques locales des systèmes irrigués et contribuer aux débats internationaux sur l'irrigation

 

Un réseau multidisciplinaire d'une centaine de chercheurs et doctorants

 

Le Maghreb est déficitaire en termes de production agricole et sa sécurité alimentaire est fragile. Il est également un des lieux où le changement climatique est sensible, avec un impact direct sur la disponibilité des ressources en eau.

 

Le réseau Sirma analyse les systèmes irrigués dans un contexte de changements environnementaux et sociétaux particulièrement intéressant et porteur d'enjeux pour le futur économique de la région.

 

Notre expertise :

  • Durabilité des modèles d'agriculture irriguée basés sur les eaux de surgace et souterraines
  • Intégration des contraintes environnementales pour la gestion des exploitations et des périmètres irrigués
  • Diffusion et adoption des innoations techniques en appui à des initiatives locales
  • Renforcement des capacités des acteurs, accompagnement des organisations professionnelles
  • Ingénierie des apprentissages individues et collectifs
  • Formation et apprentissages croisés des jeunes ingénieurs et chercheurs du Maghreb
  • Méthodes d'évaluation et étude d'impacts des innovations

 

 

 

 

La thèse de recherche se déroule dans la plaine de Berrechid au Maroc, spécifiquement dans la commune d’Ouled Zidane. Cette plaine constitue l’une des principales zones de production de céréales à l’échelle nationale, qui sont conduites pour la plus grande majorité en pluvial. Depuis les années 1980, on assiste à l’émergence d’une agriculture irriguée, basée sur les eaux souterraines, qui est principalement orientée vers les productions maraîchères (pomme de terre, carottes, artichaut, betterave rouge, oignon, choux). Le développement de cette agriculture irriguée est accompagné par une baisse conséquente du niveau piézométrique de la nappe phréatique. Selon l’agence du bassin hydraulique de la Chaouia-Bouregreg (ABHCB), le déficit du bilan hydrique est passé de 20 millions de m3/an en 2010 à 30 millions de m3/an en 2016.  Les prélèvements en eau souterraine par environ 3000 points d’accès sont estimés à 78 millions de m3/an dont 96% concernent le secteur agricole (ABHCB, 2017). En plus des aspects quantitatifs, des analyses de l’eau de la nappe de Berrechid, effectuées au niveau de 70% de l’ensemble des puits de contrôle, montrent des teneurs en nitrates inquiétantes qui dépassent la valeur admissible (50 mg/l). Ces concentrations élevées mettent en évidence un lessivage d’importantes quantités d’engrais azotées vers les eaux souterraines. (El Asslouj, Kholtei, El Amrani-Paaza, & Hilali, 2007).

Face à cette surexploitation quantitative conjuguée à la dégradation de la qualité de la ressource, les institutions et organismes en charge de l’eau déclarent prioritaire le contrôle de l’utilisation des eaux souterraines au regard des enjeux socioéconomiques qu’elles représentent dans une perspective d’assurer la durabilité de l’agriculture. Un contrat de nappe est en cours d’élaboration par l’ABHCB, qui mise sur la promotion d’une gestion participative et durable des eaux souterraines impliquant les différentes parties prenantes, dont les usagers. Notre démarche de recherche se fonde ainsi sur le concept de gouvernance de ce bien commun pour offrir une vision pragmatique et analytique des situations observables en prenant acte de la nécessité d’appréhender la complexité de la gestion triangulaire (usagers, cadre institutionnel et réglementaire et volet technique). Cette thèse tente d’analyser les différentes options de gestion de la demande en eau. Elle est fondée sur quatre axes de recherche. Il s’agit d’abord, d’observer et comprendre les dynamiques agricoles au niveau de la zone d’étude, ensuite d’approfondir l’étude des usages de l'eau souterraine attachés aux dynamiques agricoles, puis dévoiler et analyser la perception des agriculteurs sur la nappe et les usages, et enfin d’analyser le processus de mise en place du contrat de nappe, comme outil de gouvernance, entre usages et perceptions.

Mots clefs : Eaux souterraines, Agriculture irriguée, Surexploitation, Gouvernance

Mesure dbit deau dirrigation Fatah Ameur 
Photo : Mesure du débit d'eau d'irrigation, Plaine de Berrechid, Maroc © Fatah Ameur 

 

 

La technique d'irrigation au goutte-à-goutte est considérée comme le moyen le plus efficace de répondre aux besoins des cultures en eau et en engrais.

Cette technique a contribué à l'expansion rapide du maraichage sous serre dans le Sahara algérien au cours des deux dernières décennies, en particulier à Biskra; Sud-est de l'Algérie.

Ce développement est principalement dû à la combinaison idéale de facteurs de production : climat doux en hiver, abondance de terres, accès facile à l'eau grâce à de nombreux forages et à l'accès à un dispositif de conseil  composé d'ingénieurs et de distributeurs d'intrants agricoles.

Les observations sur le terrain ont cependant montré que les pratiques empiriques d'irrigation et de fertilisation entraînent des différences de rendement significatives entre les agriculteurs. Nos investigations visent principalement à :

Caractériser les pratiques d'irrigation et de fertilisation des agriculteurs en relation avec les conditions et limites locales

Identifier les sources de pertes de rendement liées aux stress hydriques et azotés résultant de ces pratiques

Développer une approche participative pour améliorer les pratiques de fertigation des agriculteurs

 

Mots clés : Irrigation goutte à goutte, pratiques de fertigation, serres, Biskra

 

 

 

Unites de fertilisation lie au systme dirrigaton au goutte goutte Algrie 
 Photo : Unités de fertilisation lié au système d'irrigation au goutte à goutte, commune d'Elghrous, Biskra, Algérie

2018 anthro dev venot1Un numéro spécial de la revue Anthropologie et Développement vient juste de sortir en version papier : http://apad-association.org/vient-de-paraitre-anthropologie-developpement-n46-47/.

L’introduction au numéro spécial intitulée "Mythes sociotechniques et développement" a été rédigée par Jean-Philippe Venot  et Gert Jan Veldwisch.

Intissar FERCHICHI a soutenu sa thèse de doctorat en Génie Rural Eaux et Forêt le 16 décembre 2017 à l’Institut National Agronomique de Tunisie.

Titre de la thèse : Evaluation des services de l’eau agricole et renforcement des interactions des acteurs de la gestion de l’eau-Cas d’un système à multi niveaux de gestion (périmètre public irrigué de Zaouiet Jedidi, Cap Bon-Tunisie

Le jury était composé de :

Examinateurs : Pr. Hamadi HBAIEB, INAT- Pr. Zohra Lili, INAT  

Rapporteurs : Dr. Marcel Kuper, CIRAD- Pr. Akissa Bahri, INAT

Directeur de thèse : Pr. Abdelaziz ZAIRI, INRGREF ; Co-directeur de thèse : Dr. Serge Marlet, CIRAD    

Résumé :

           En Tunisie, les problèmes posés par la gestion des systèmes collectifs d’irrigation et leurs faibles performances continuent de faire constamment l’objet de recherches, de débats et de controverses, compte tenu des investissements importants et des réformes successives engagés pour améliorer la gestion de ces systèmes. Le manque de pertinence et d’efficacité des interventions actuelles d’amélioration peut être expliqué, en partie, par la complexité des problèmes de gestion des systèmes irrigués. En effet, l’évolution de ces systèmes (contexte, historique, usage…), les interactions qui existent entre leurs différentes composantes et les indépendances entre les différents acteurs gestionnaires ou usagers, sont autant d’éléments qui plaident en faveur du développement du renforcement du lien entre l’évaluation et les démarches d’amélioration de la gestion des systèmes irrigués. D’autre part, la faible mobilisation des acteurs de l’eau autour de ces interventions et l’échec d’une implication active des acteurs locaux (agriculteurs et des GDAs) dans les processus de formulation de leurs besoins et de résolution des problèmes, ont freiné les avancées de plusieurs interventions et ont mis en question leur légitimité et efficacité. L’implication des acteurs locaux dans la résolution de leurs propres problèmes et l’amélioration de leur capacité d’adaptation ne garantissent pas le succès de ces interventions, mais peuvent améliorer leurs résultats.

Cette thèse se propose d’évaluer les modes de gestion des systèmes irrigués des agrumes dans le Cap Bon, en particulier au sein du GDA de Zaouiet Jedidi, et d’accompagner les acteurs locaux en vue de co-construire et de mettre en œuvre une intervention d’amélioration. Nous nous sommes intéressés à l’étude d’un système qui met en relief la complexité des problèmes de gestion des systèmes collectifs d’irrigation. Il s’agit d’un système  multi-niveaux et multi-acteurs qui est limité dans sa capacité d'adaptation par une pénurie d’eau  à laquelle il est soumis depuis plusieurs années.

Pour ce faire, nous sommes allés au-devant du dilemme des démarches d’évaluation qui font émerger  des tonalités indiscutablement négatives quant aux performances de ces systèmes, sans pour autant déboucher sur des articulations à même de remonter aux causes des problèmes et d’orienter les interventions d’amélioration. Au lieu de nous limiter à juger l’efficacité de la gestion actuelle des systèmes irrigués, nous avons privilégié une analyse causale qui permet de relier les symptômes et les causes de dysfonctionnement. Nous avons fondé notre analyse sur une approche systémique et globale des différents niveaux du système et des interactions entre eux et nous avons privilégié d’étudier comment les différents acteurs réagissent à une telle contrainte physique en termes de règles de gestion et de mécanismes de coordination qu’ils ont créés, qu’ils ont façonnés ou qu’ils ont parfois rejetés.

Nous avons employé par la suite les résultats de cette évaluation dans la planification et l’accompagnement de la mise en œuvre d’une intervention d’amélioration de la gestion de l’irrigation dans le cadre d’un projet de recherche action. Nous avons enfin analysé dans quelle mesure la mise en œuvre d’une intervention d’amélioration, basée sur la participation des parties prenantes et le renforcement des mécanismes de coordination, permet aux acteurs de l’eau d’interagir dans un processus d’apprentissage collectif et d’améliorer leur capacité d’adaptation aux contraintes du système.

L’analyse de la situation de la pénurie d’eau dans ce système met en évidence qu’il s’agit d’une pénurie physique induite par les modes d’usage des ressources en eau souterraine et de surface et des politiques de répartition de l’eau entre différents usagers. Afin de gérer l’incertitude qui marquait ainsi l’approvisionnement en eau de ce système, les gestionnaires ont souvent opté pour des compromis et des changements des règles collectives qui ont réussi dans certains cas à alléger les impacts de la pénurie et dans d’autres cas à aggraver le dysfonctionnement du système et à accroitre la vulnérabilité de certains usagers. Nous avons mis en évidence les faiblesses des mécanismes de coordination au niveau des interfaces entre acteurs et nous avons examiné les logiques et les facteurs qui expliquent ces défaillances. En analysant comment les agriculteurs à leur tour réagissent à cette pénurie d’eau, nous avons mis en évidence une grande diversité de stratégies et de pratiques individuelles qui tendent à maximiser l’accès aux ressources en eau de surface et souterraine selon les différentes capacités. Cependant, ces pratiques qui peuvent avoir des gains individuels pour quelques agriculteurs ont évidemment des implications négatives sur les performances collectives du système.

Enfin, l’accompagnement de la mise en œuvre d’un processus d’amélioration participatif dans ce périmètre irrigué et l’évaluation de ses effets, nous a permis de valider le rôle de l’apprentissage dans le changement de la perception des acteurs qui a accéléré, au cours de certaines étapes de l’intervention le processus de résolution des problèmes, mais l’a freiné dans d’autres.

 

Mots clés : gestion de l’eau d’irrigation, système à multi-niveaux, pénurie d’eau, évaluation systémique, coordination, amélioration des performances, apprentissage, pratiques d’adaptation, agrumes, Tunisie.

Mme OUMAIMA TANOUTI a présenté ses travaux en soutenance le 19 décembre 2017 à 9h30

à l'Université Paris Nanterre - Bât B - Salle René REMOND (B015)

en vue d'obtenir le diplôme de Doctorat en Lettres & Sciences Humaines

Titre de la thèse : La gestion intégrée des ressources en eau à l'épreuve du bassin versant: le cas du bassin du Tensift au Maroc

Le jury était composé de :

M. BERNARD BARRAQUE, Directeur de Recherche émérite, CNRS PARIS, Rapporteur du jury
M. MARCEL KUPER, Directeur de Recherche - HDR, CIRAD, Rapporteur du jury
M. DAVID BLANCHON, Professeur des Universités, Univ. Paris Nanterre, Membre du jury
M. STEPHANE GHIOTTI, Chargé de Recherche, Univ. Montpellier 3 Paul Valéry, Membre du jury
M. ALI HAMMANI, Professeur Enseignement Supérieur, INSTITUT AGRONOMIQUE HASSAN II, Membre du jury
M. FRANÇOIS MOLLE, Directeur de Recherche, IRD, Directeur de thèse

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