2017 - Evaluation des services de l’eau agricole et renforcement des interactions des acteurs de la gestion de l’eau-Cas d’un système à multi niveaux de gestion (périmètre public irrigué de Zaouiet Jedidi, Cap Bon-Tunisie - Intissar Ferchichi

Intissar FERCHICHI a soutenu sa thèse de doctorat en Génie Rural Eaux et Forêt le 16 décembre 2017 à l’Institut National Agronomique de Tunisie.

Titre de la thèse : Evaluation des services de l’eau agricole et renforcement des interactions des acteurs de la gestion de l’eau-Cas d’un système à multi niveaux de gestion (périmètre public irrigué de Zaouiet Jedidi, Cap Bon-Tunisie

Le jury était composé de :

Examinateurs : Pr. Hamadi HBAIEB, INAT- Pr. Zohra Lili, INAT  

Rapporteurs : Dr. Marcel Kuper, CIRAD- Pr. Akissa Bahri, INAT

Directeur de thèse : Pr. Abdelaziz ZAIRI, INRGREF ; Co-directeur de thèse : Dr. Serge Marlet, CIRAD    

Résumé :

           En Tunisie, les problèmes posés par la gestion des systèmes collectifs d’irrigation et leurs faibles performances continuent de faire constamment l’objet de recherches, de débats et de controverses, compte tenu des investissements importants et des réformes successives engagés pour améliorer la gestion de ces systèmes. Le manque de pertinence et d’efficacité des interventions actuelles d’amélioration peut être expliqué, en partie, par la complexité des problèmes de gestion des systèmes irrigués. En effet, l’évolution de ces systèmes (contexte, historique, usage…), les interactions qui existent entre leurs différentes composantes et les indépendances entre les différents acteurs gestionnaires ou usagers, sont autant d’éléments qui plaident en faveur du développement du renforcement du lien entre l’évaluation et les démarches d’amélioration de la gestion des systèmes irrigués. D’autre part, la faible mobilisation des acteurs de l’eau autour de ces interventions et l’échec d’une implication active des acteurs locaux (agriculteurs et des GDAs) dans les processus de formulation de leurs besoins et de résolution des problèmes, ont freiné les avancées de plusieurs interventions et ont mis en question leur légitimité et efficacité. L’implication des acteurs locaux dans la résolution de leurs propres problèmes et l’amélioration de leur capacité d’adaptation ne garantissent pas le succès de ces interventions, mais peuvent améliorer leurs résultats.

Cette thèse se propose d’évaluer les modes de gestion des systèmes irrigués des agrumes dans le Cap Bon, en particulier au sein du GDA de Zaouiet Jedidi, et d’accompagner les acteurs locaux en vue de co-construire et de mettre en œuvre une intervention d’amélioration. Nous nous sommes intéressés à l’étude d’un système qui met en relief la complexité des problèmes de gestion des systèmes collectifs d’irrigation. Il s’agit d’un système  multi-niveaux et multi-acteurs qui est limité dans sa capacité d'adaptation par une pénurie d’eau  à laquelle il est soumis depuis plusieurs années.

Pour ce faire, nous sommes allés au-devant du dilemme des démarches d’évaluation qui font émerger  des tonalités indiscutablement négatives quant aux performances de ces systèmes, sans pour autant déboucher sur des articulations à même de remonter aux causes des problèmes et d’orienter les interventions d’amélioration. Au lieu de nous limiter à juger l’efficacité de la gestion actuelle des systèmes irrigués, nous avons privilégié une analyse causale qui permet de relier les symptômes et les causes de dysfonctionnement. Nous avons fondé notre analyse sur une approche systémique et globale des différents niveaux du système et des interactions entre eux et nous avons privilégié d’étudier comment les différents acteurs réagissent à une telle contrainte physique en termes de règles de gestion et de mécanismes de coordination qu’ils ont créés, qu’ils ont façonnés ou qu’ils ont parfois rejetés.

Nous avons employé par la suite les résultats de cette évaluation dans la planification et l’accompagnement de la mise en œuvre d’une intervention d’amélioration de la gestion de l’irrigation dans le cadre d’un projet de recherche action. Nous avons enfin analysé dans quelle mesure la mise en œuvre d’une intervention d’amélioration, basée sur la participation des parties prenantes et le renforcement des mécanismes de coordination, permet aux acteurs de l’eau d’interagir dans un processus d’apprentissage collectif et d’améliorer leur capacité d’adaptation aux contraintes du système.

L’analyse de la situation de la pénurie d’eau dans ce système met en évidence qu’il s’agit d’une pénurie physique induite par les modes d’usage des ressources en eau souterraine et de surface et des politiques de répartition de l’eau entre différents usagers. Afin de gérer l’incertitude qui marquait ainsi l’approvisionnement en eau de ce système, les gestionnaires ont souvent opté pour des compromis et des changements des règles collectives qui ont réussi dans certains cas à alléger les impacts de la pénurie et dans d’autres cas à aggraver le dysfonctionnement du système et à accroitre la vulnérabilité de certains usagers. Nous avons mis en évidence les faiblesses des mécanismes de coordination au niveau des interfaces entre acteurs et nous avons examiné les logiques et les facteurs qui expliquent ces défaillances. En analysant comment les agriculteurs à leur tour réagissent à cette pénurie d’eau, nous avons mis en évidence une grande diversité de stratégies et de pratiques individuelles qui tendent à maximiser l’accès aux ressources en eau de surface et souterraine selon les différentes capacités. Cependant, ces pratiques qui peuvent avoir des gains individuels pour quelques agriculteurs ont évidemment des implications négatives sur les performances collectives du système.

Enfin, l’accompagnement de la mise en œuvre d’un processus d’amélioration participatif dans ce périmètre irrigué et l’évaluation de ses effets, nous a permis de valider le rôle de l’apprentissage dans le changement de la perception des acteurs qui a accéléré, au cours de certaines étapes de l’intervention le processus de résolution des problèmes, mais l’a freiné dans d’autres.

 

Mots clés : gestion de l’eau d’irrigation, système à multi-niveaux, pénurie d’eau, évaluation systémique, coordination, amélioration des performances, apprentissage, pratiques d’adaptation, agrumes, Tunisie.

Informations supplémentaires

  • Contact:

    Doctorant : Intissar FERCHICHI
    E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  • INFORMATION THESE:

    École Doctorale : Institut National Agronomique de Tunisie (INAT)
    Directeur de thèse : Pr. Abdelaziz ZAIRI, INRGREF
    Co-directeur de thèse : Dr. Serge Marlet, CIRAD
    Date Début : 01/12/2012
    Date de soutenance : 16/12/2017

  • Equipe(s) de l'UMR concernée(s):

    INCA

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