SH-Eau - « Penser le risque, manger l’immangeable en lagune de Venise : processus de territorialisation, d’hybridation et d’incorporation de la palourde philippine » - Florence Ménez - 24 novembre 2016 - Irstea Montpellier - 14h-16h30 -

Le séminaire SH-EAU s'est tenu à IRSTEA (Campus de Lavalette, salle Mosson), le 24 novembre 2016 de 14h à 16h30.

Notre invitée, Florence Ménez (EHESS – Laboratoire d’anthropologie sociale) a présenté son travail de thèse sur les conflits d’usages dans la lagune de Venise.

Elle a abordé à la fois la question des risques et celle de l’attachement, reprises dans la discussion à partir d’autres travaux conduits à Montpellier dans le Golfe de Fos, Aigues-Mortes ou encore la lagune de Thau.

Le titre de l’intervention de Florence Ménez est : « Penser le risque, manger l’immangeable en lagune de Venise : processus de territorialisation, d’hybridation et d’incorporation de la palourde philippine »

Résumé de sa thèse dirigée en France par Philippe Descola :

« La parabole de la palourde. Ontogénèse d’un attachement interspécifique en lagune de Venise. Ethnographie de son récit biographique »

 Fondée sur une enquête de terrain menée dans la lagune de Venise entre 2009 et 2014, cette thèse vise à montrer les processus d’intégration à l’œuvre lors d’une invasion biologique animale, en mettant l’objet de recherche, soit la palourde philippine en tant qu’actif et actant, au centre des interactions, et en observant la manière dont les différentes acteurs (palourde, pêcheurs, néo-pêcheurs et institutions), nouent des relations interspécifiques qui redéfinissent les ontologies de chacun dans une complexité partagée en constante mutation. Dans un territoire tiraillé par de multiples intérêts commerciaux, industriels, écologiques, touristiques, Tapes philippinarum, espèce exotique envahissante, est devenue une source de prospérité inespérée et un vecteur de controverses écologiques et sociales depuis son introduction volontaire en 1983. La thèse est divisée en deux parties : la première concerne la définition de l’identité de la palourde, alors qu’usages, représentations, savoirs et pratiques redessinent les frontières de l’altérité. Pour rendre cette palourde singulière « bonne à manger », des stratégies discursives, législatives et techniques sont engagées. Une mythographie de l’abondance et un questionnement des catégories permettent l’hybridation de la sauvage et étrangère « palourde à la dioxine » en domestique « indigène » puis en « palourde d’État ». La seconde partie développe les actions matérielles, les innovations techniques, la législation et les politiques environnementales. Passant de la dynamique de la prédation à la contrainte institutionnelle de l’élevage, les pêcheurs s’hybrident eux aussi pour s’approprier une palourde qui résiste à la domestication.

Un article peut être envoyé à ceux qui le désirent et contacterons : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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