Soutenance Thèse « Où sont passées les économies d’eau ? » Paradigmes, instruments et territorialisations des politiques d’économie et réallocation d’eau dans le bassin de la Durance (France) - Martin Laurenceau

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Catégorie
Soutenance
Date
mardi 14 décembre 2021 09:30
Lieu
En présentiel à AgroParisTech Montpellier - Salle Amazone et en visio (lien de connexion ci-après)
Le 14 décembre 2021, Martin Laurenceau présentera ses travaux de thèse intitulés « Où sont passées les économies d’eau ? » Paradigmes, instruments et territorialisations des politiques d’économie et réallocation d’eau dans le bassin de la Durance (France).
 
La soutenance aura lieu à AgroParisTech Montpellier, 648 Rue Jean François Breton, 34090 Montpellier, à 9h30 en salle Amazone, devant le jury constitué de :
 
Marielle MONTGINOUL, Directrice de recherche, Inrae
Examinateur
Sara FERNANDEZ, Ingénieure en Chef des Ponts des Eaux et des Forêts, Inrae
Rapporteur & Examinatrice
David BLANCHON, Directeur de Recherche, Université Paris Nanterre
Rapporteur & Examinateur
Bernard BARRAQUE, Directeur de Recherche émérite, CNRS (Cired)
Examinateur
Rémi BARBIER, Professeur, ENGEES
Examinateur
Stéphane GHIOTTI, Directeur de recherche, CNRS
Examinateur
François MOLLE, Directeur de recherche, IRD
Directeur de thèse
 
 
Compte tenu du contexte sanitaire, la jauge maximale de présence tolérée est de 20 personnes.
La soutenance sera donc accessible également en visio via le lien suivant : https://umontpellier-fr.zoom.us/j/95810007177

 

Résumé : Depuis le début des années 2000, la gestion quantitative de l’eau est devenue centrale dans les politiques européennes et françaises pour répondre aux objectifs environnementaux fixés dans la Directive Cadre sur l’Eau. L’augmentation de l’efficience des réseaux d’irrigation correspond à l’une des principales mesures mises en avant, estimant que plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes pourraient être économisés au niveau européen. Toutefois, l’efficacité environnementale de la modernisation des périmètres irrigués fait débat aussi bien dans la littérature scientifique qu’au sein d’organismes publics qui l’encouragent. En effet, « l’économie d’eau » correspond à une redistribution des flux entre de multiples usagers et l’environnement, à l’échelle du bassin versant, et les impacts de la modernisation dépendent donc de nombreux facteurs (possibilité d’augmenter les surfaces irriguées et les rendements, réglementation des autorisations à prélever, modification des chemins de l’eau, etc.). Si les aspects techniques du problème sont relativement bien connus, les enjeux politiques liés à la modernisation des canaux d’irrigation ont été plus rarement explorés, en particulier dans le cas de la réallocation d’eau vers l’environnement. Le bassin de la Durance, dans le sud-est de la France, représente un cas d’étude idéal, car les nombreuses infrastructures rendent particulièrement visible la redistribution des flux liée aux économies d’eau. Cela a donné lieu à la création d’instruments de politique publique spécifiques, et s’intègre dans une trajectoire de plus de 50 ans. Grâce à un cadrage ancré dans les sciences politiques et la political ecology, nous analysons les paradigmes, les instruments et les territorialisations des politiques d’économie et réallocation d’eau dans le temps long. Plutôt qu’une mesure « sans regret » indiscutable, nous montrons que la modernisation des techniques d’irrigation repose sur de multiples négociations et compromis permettant l’agencement de visions du monde et normes d’action, d’usages de l’eau interdépendants, et de pratiques et discours de divers territoires hydro-sociaux, alors que l’impact environnemental des économies d’eau reste incertain. La construction du consensus se fait dans un cadre fortement contraint par les intérêts historiques et institutions hérités du passé, et passe à la fois par des processus de traduction depuis les échelles nationales ou de bassin hydrographique jusqu’au niveau local, et par des dynamiques ascendantes de réappropriation des outils dans les territoires. Nous mettons en évidence le rôle clé des incertitudes et ambiguïtés dans l’adoption de nouveaux arrangements institutionnels, ainsi que l’effet de naturalisation des compromis politiques dans les réglages et le fonctionnement des instruments de politique publique. Finalement, la thèse participe à renouveler les débats sur la redistribution de l’eau entre humains et non humains, en s’appuyant sur une approche interdisciplinaire qui montre les interactions multiples entre flux d’eau et d’argent, relations de pouvoir et allocations des ressources, constructions des territoires de l’eau et de l’action publique.

 

Mots-clés : politique de l’eau, gestion de l’eau, économies d’eau, débits environnementaux, Durance, territoires hydro-sociaux

 
 
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