Vendredi découverte - Vivre avec la boue : comprendre les perceptions de la leptospirose en Kanaky-Nouvelle-Calédonie - Olga Peytavi

There is no translation available.

Le prochain vendredi découverte aura lieu ce vendredi 19 Juin 2026 à 11h.  et sur Visio (voir lien ci-dessous).

Olga Peytavi nous présentera "Vivre avec la boue : comprendre les perceptions de la leptospirose en Kanaky-Nouvelle-Calédonie"

La présentation aura lieu à la fois en présentiel sur le site Hydropolis Lavalette, en Salle Aquadémie (Bât. Confluence - 361 rue JF Breton - 34090 Montpellier et en distanciel via le lien suivant : https://visio.numerique.gouv.fr/tjd-hmya-ypq

 

Résumé :  « On fait gaffe, mais on est au contact de la nature, on est en brousse, les rats sont juste à côté. En fait c’est comme l’histoire du requin : c’est nous qui sommes dans la nature. Le requin, lui, il est chez lui. Il faut faire avec, mais il faut être vigilant. » Cet extrait, tiré d’une vidéo du média calédonien Caledonia, reprend les mots d’un agriculteur interviewé à propos de la leptospirose. Il propose une manière de penser la maladie non pas comme une anomalie, mais comme un risque inhérent au fait de vivre dans un environnement donné.

La leptospirose est une zoonose tropicale encore relativement peu étudiée dans les sciences sociales. Elle se transmet lorsque des bactéries, les leptospires, pénètrent dans l’organisme par des plaies cutanées ou par les muqueuses, lors d’un contact avec de l’eau douce contaminée par l’urine d’animaux porteurs. Les bactéries peuvent survivre dans les sols humides, mais elles deviennent particulièrement mobiles dans l’eau. Lors de fortes pluies, le ruissellement lessive les sols et transporte les leptospires vers les rivières, les flaques ou les champs inondés. En Kanaky-Nouvelle-Calédonie, on recense chaque année entre une quinzaine et environ deux cents cas, avec une mortalité variant d’un à une dizaine de décès selon les années. La maladie touche particulièrement les populations rurales kanak.

Les messages de prévention sont relativement connus : éviter de se baigner après de fortes pluies, ne pas marcher pieds nus, protéger les plaies, et limiter les contacts avec la boue ou les eaux stagnantes susceptibles d’avoir été souillées par des animaux. Cependant, lorsque l’on observe les conditions de vie en zone rurale en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, ces recommandations peuvent sembler difficiles à appliquer strictement. Les champs sont souvent cultivés à proximité des rivières, les épisodes pluvieux sont fréquents, et de nombreux animaux, sauvages comme les cochons ou les cerfs, mais aussi domestiques comme les chiens, sans oublier les rats, circulent autour des habitations.

Dans ce contexte environnemental, une question se pose : Comment vivre avec la leptospirose ? Quelles connaissances les habitants possèdent-ils des pluies, de la boue, ou des cours d’eau – qui ne sont pas nécessairement formulées en termes biomédicaux, mais qui contribuent malgré tout à réduire les risques d’exposition. Dans cette perspective, la leptospirose permet d’interroger la manière dont les populations vivent avec un environnement perçu à la fois comme nourricier et potentiellement dangereux. Le risque n’est pas forcément conçu comme quelque chose qu’il faudrait éliminer totalement, mais comme une dimension du milieu avec laquelle il faut composer. Ainsi, cette recherche s’inscrit dans une réflexion plus large sur les relations entre santé, eau, environnement et modes de vie, et sur la manière dont les populations rurales de Kanaky-Nouvelle-Calédonie interprètent, gèrent et intègrent les risques sanitaires dans leur quotidien.

 

Venez nombreux !

FaLang translation system by Faboba
APT Logo fra      logo brgm web frlogo inraeLogo Institut Agro Mpl petit

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer