La thèse de recherche se déroule dans la plaine de Berrechid au Maroc, spécifiquement dans la commune d’Ouled Zidane. Cette plaine constitue l’une des principales zones de production de céréales à l’échelle nationale, qui sont conduites pour la plus grande majorité en pluvial. Depuis les années 1980, on assiste à l’émergence d’une agriculture irriguée, basée sur les eaux souterraines, qui est principalement orientée vers les productions maraîchères (pomme de terre, carottes, artichaut, betterave rouge, oignon, choux). Le développement de cette agriculture irriguée est accompagné par une baisse conséquente du niveau piézométrique de la nappe phréatique. Selon l’agence du bassin hydraulique de la Chaouia-Bouregreg (ABHCB), le déficit du bilan hydrique est passé de 20 millions de m3/an en 2010 à 30 millions de m3/an en 2016.  Les prélèvements en eau souterraine par environ 3000 points d’accès sont estimés à 78 millions de m3/an dont 96% concernent le secteur agricole (ABHCB, 2017). En plus des aspects quantitatifs, des analyses de l’eau de la nappe de Berrechid, effectuées au niveau de 70% de l’ensemble des puits de contrôle, montrent des teneurs en nitrates inquiétantes qui dépassent la valeur admissible (50 mg/l). Ces concentrations élevées mettent en évidence un lessivage d’importantes quantités d’engrais azotées vers les eaux souterraines. (El Asslouj, Kholtei, El Amrani-Paaza, & Hilali, 2007).

Face à cette surexploitation quantitative conjuguée à la dégradation de la qualité de la ressource, les institutions et organismes en charge de l’eau déclarent prioritaire le contrôle de l’utilisation des eaux souterraines au regard des enjeux socioéconomiques qu’elles représentent dans une perspective d’assurer la durabilité de l’agriculture. Un contrat de nappe est en cours d’élaboration par l’ABHCB, qui mise sur la promotion d’une gestion participative et durable des eaux souterraines impliquant les différentes parties prenantes, dont les usagers. Notre démarche de recherche se fonde ainsi sur le concept de gouvernance de ce bien commun pour offrir une vision pragmatique et analytique des situations observables en prenant acte de la nécessité d’appréhender la complexité de la gestion triangulaire (usagers, cadre institutionnel et réglementaire et volet technique). Cette thèse tente d’analyser les différentes options de gestion de la demande en eau. Elle est fondée sur quatre axes de recherche. Il s’agit d’abord, d’observer et comprendre les dynamiques agricoles au niveau de la zone d’étude, ensuite d’approfondir l’étude des usages de l'eau souterraine attachés aux dynamiques agricoles, puis dévoiler et analyser la perception des agriculteurs sur la nappe et les usages, et enfin d’analyser le processus de mise en place du contrat de nappe, comme outil de gouvernance, entre usages et perceptions.

Mots clefs : Eaux souterraines, Agriculture irriguée, Surexploitation, Gouvernance

 

Mesure dbit deau dirrigation Fatah Ameur 
Photo : Mesure du débit d'eau d'irrigation, Plaine de Berrechid, Maroc © Fatah Ameur 

 

 

 

Vendredi 16 septembre 2022 à 11h00, Christina Orieschnig a présenté ses travaux intitulés "Exploiter la télédétection, les enquêtes de terrain et la modélisation numérique pour comprendre le système Prek du delta du Mékong cambodgien - des processus hydrologiques aux services écosystémiques".

Résumé :

preks © Photo : C. Orieschnig, IRD

 

Les Preks sont une partie caractéristique du delta du Mékong au Cambodge. Il s'agit de grands canaux trapézoïdaux qui relient le cours principal du fleuve à ses berges inondables en ouvrant des brèches dans les berges élevées du fleuve. Construits à l'origine pendant la période du protectorat français, ils avaient pour but de faciliter le dépôt de sédiments pendant les inondations annuelles de la mousson et d'élever les terres. Aujourd'hui, ils remplissent divers rôles, dont celui crucial de fournir de l'eau d'irrigation pendant la saison sèche. Ces dernières années, les projets de réhabilitation de Prek ont visé à améliorer leurs fonctionnalités après des années de manque d'entretien, afin d'accroître la résilience des communautés agricoles de la région face au changement climatique et à la production hydroélectrique en amont.

Dans mon travail, je cherche à caractériser les changements actuels des processus hydrologiques dans le delta du Mékong cambodgien, et à évaluer leurs impacts sur les communautés agricoles. Je cherche également à mieux comprendre le rôle des Preks dans la fourniture de services écosystémiques et à déterminer les stratégies de réhabilitées les plus efficaces. Dans cette présentation, j'exposerai les résultats de mon travail, qui a fait appel à des recherches archivistiques, à des entretiens sur le terrain avec des agriculteurs et des chefs de village, à des approches de télédétection sur la plateforme informatique en nuage Google Earth Engine, à des analyses statistiques de séries chronologiques de niveaux d'eau et à un modèle éco-hydrologique construit en Python pour simuler des scénarios.

Crise de l’eau : les solutions se jouent à l’échelle des territoires

L'UMR G-EAU a contribué au dernier rapport de la FAO sur l’état des ressources en terres et en eau à travers un rapport technique sur l’impact de la crise de l’eau sur la petite agriculture dans le monde. Le document, qui vient d’être publié par la FAO, dresse un ensemble de recommandations autour de politiques publiques ciblées, adaptées aux territoires et multisectorielles. Les scientifiques plaident également pour le développement de l’agroécologie en systèmes irrigués.

 

Pour en savoir plus : https://www.cirad.fr/espace-presse/communiques-de-presse/2022/rapport-technique-fao-sur-la-crise-de-l-eau

Lire le rapport : Enabling institutional environments conducive to livelihood improvement and adapted investments in sustainable land and water uses

 

 02759HDQ_Irrigation.jpgChapitre 1. Gestion stratégique de l’irrigation à l’échelle du territoire et de l’exploitation agricole

Les Projets de Territoire pour la Gestion de l’Eau

→ Les Collectifs d’irrigants et la gestion des réseaux collectifs [A venir]

Chapitre 2. Gestion tactique de l’irrigation à l’échelle de la parcelle

Exemples de calendriers d’irrigation prévisionnels de cultures annuelles dans des différents contextes de climats et de volumes disponibles

Chapitre 3. Installations de pompage

→ Abaques de Moody 

Outil pour calcul des pertes de charge dans les conduites sous pression (Cassiopée - Modules de calcul d'hydraulique)

Cours d'hydraulique pour le génie rural

Chapitre 5. Irrigation localisée ou micro-irrigation

Outil pour calcul de l’équivalent pluie du goutte-à-goutte

Chapitre 6. Irrigation gravitaire

Méthode d’estimation du débit avec des seuils à paroi mince

Méthode d’estimation de la dose maximale d’irrigation

Trans-irrigation

Chapitre 7. Efficience de l’irrigation en eau et en énergie

Comparaison des coûts et impacts de l’énergie électrique et thermique

 

 

Les zones deltaïques sont parmi les plus productives et de la planète. Cependant, elles sont également confrontées à beaucoup de de pressions : des changements d’occupation du sol aux modifications du débit des rivières en raison du changement climatique et de la construction des barrages.

photo air terrain orieschnig© Photo aérienne terrain, C. Orieschnig, IRD

En Afrique subsaharienne, l’impact du réchauffement climatique sur les rendements des cultures pluvieuses se fait de plus en plus ressentir entrainant des pertes de récoltes pouvant atteindre 30 % chez les agriculteurs familiaux. Face à des périodes de sécheresse plus longues et fréquentes, l’irrigation complémentaire par bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCER) a été vulgarisée pour permettre aux producteurs de préserver leurs récoltes. Malheureusement, les importantes pertes d’eau par infiltration dans les BCER tendent à annuler l’efficacité de cet ouvrage. Ma thèse vise à optimiser la conception du BCER en utilisant des solutions simples, peu coûteuses, écologiques et durables pour l’imperméabiliser.

 

Avec des bassins étanches, les producteurs disposeront d’une réserve d’eau suffisante pour l’irrigation d’appoint pendant les périodes de sécheresse. Aussi, ces bassins permettront d’introduire des cultures à cycle court dès la fin de la saison pluvieuse et produire des pépinières destinées à la vente. Les agriculteurs pourront également pratiquer la pisciculture dans leurs BCER. Le poisson ainsi élevé est une source supplémentaire de protéine dans l’alimentation et de revenu pour les familles. À terme, ma thèse contribuera à la sécurité alimentaire et à l’accroissement des revenus des ménages ruraux.

 

 Mots clés : bassin de collecte des eaux de ruissellement ; drainage ; infiltration ; imperméabilisation ; irrigation de complément ; stockage de l'eau

 

Image1.jpg   Image2.png

 Vue aérienne du dispositif expérimental composé

de 16 bassins expérimentaux revêtus de 4 façons différentes

©  Mme BORO, juin 2024

  Illustration de l’irrigation de complément

Source Zongo et al. 2022, Agriculture & Food Security

https://doi.org/10.1186/s40066-021-00347-0

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