Séminaire doctoral : Agencements, dispositifs et assemblages. Quelles perspectives théoriques et méthodologiques pour les humanités environnementales ?

Mots clés : agencement, assemblage, dispositif, composition, interactions humains/non-humains, interdisciplinarité, environnement

Responsables de la formation : Elodie Fache (IRD, UMR GRED/SENS), Alexandre Gaudin (Montpellier Recherche en Management), Christelle Gramaglia (Inrae, UMR G-EAU), Pierre-Yves Le Meur (IRD, UMR GRED/SENS).

Nbre d’heures : 6*2h

Crédits (ECTS) : 5

Dates début et fin de la formation : décembre 2020 à mai 2021.

Lieu : Selon l'évolution de la situation sanitaire, AgroParisTech Montpellier (648 Rue Jean François Breton) ou en visio-conférence.

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les influences mutuelles entre les activités humaines et les ressources naturelles sont au cœur des débats sociétaux. Les défis à l’égard de la gestion de l’eau en dépendent différemment selon les situations locales. Dans ce contexte, la communauté de recherche en hydrologie s'interroge sur la pertinence de ses modèles pour représenter les activités humaines en interaction avec les ressources en eau. La littérature est riche en études dans lesquelles la complexité des processus modélisés concerne l'hydrologie. Mais les activités humaines comme l’irrigation sont représentées de façon plus ou moins agrégée et de manière tendancielle voire stationnaire au cours du temps. Comme en témoignent les réflexions en cours au sein de la « sociohydrologie », il est nécessaire de mieux documenter les diverses interactions et rétroactions dues à l’irrigation au sein des agro-hydrosystèmes. Les interactions à court terme sont particulièrement peu explorées. Or, à court terme, la gestion de l'irrigation repose sur des contraintes opérationnelles, comme celles inhérentes à la distribution de l’eau, qui peuvent impacter de manière significative l’état à venir des cultures et des récoltes. Vice versa, l’état des cultures influence la fréquence et la répartition spatiale des opérations d’irrigation qui modifient localement l’état des ressources en eau. De plus, la plupart des approches de représentation des actions humaines au sein de ces systèmes assimilent l’action à sa phase de décision, faisant souvent fi du niveau opérationnel. Ainsi, la question explorée dans la thèse est la suivante :


Comment pouvons-nous représenter au niveau opérationnel les actions des irrigants dans l'espace et le temps pour prendre en compte de manière dynamique et située leurs interactions avec les composantes agrohydrologiques du système ?

Et que pourrait apporter cette représentation aux discussions sur la gestion de l'eau d’un cas précis ?

Nous proposons d’abord de mobiliser le concept d’Affordance pour construire un modèle à base d’agents (WatASit) représentant explicitement les possibilités d'actions des irrigants en situation de tension pour le partage de l’eau. Appliqué à un réseau gravitaire typique du bassin du Buëch en Durance (France), nous montrons que les trajectoires des agents dépendent de l’évolution de leurs possibilités au cours de la campagne d’irrigation et que l’analyse de ces possibilités aide à l’interprétation des comportements individuels et collectifs. Notamment, les conséquences de l’abandon de la coordination par tours d’eau du réseau, observé lors des enquêtes de terrain, ne semble pas impacter tous les irrigants de la même façon en renforçant les inégalités spatiales entre l’amont et l’aval du réseau. Nous proposons ensuite le cadre COPAT (COupling Plant and Agent Trajectories) pour coupler un modèle de culture à l’échelle de la parcelle (Optirrig) et le modèle WatASit à l’échelle du réseau d’irrigation. La cohérence temporelle du couplage repose sur la dérivation du modèle de culture en fonction journalière. À chaque pas de temps journalier, l'irrigation reçue par chaque parcelle est déterminée par les opérations des agents contraints par le partage de l’eau au sein du réseau collectif. Un stress hydrique plus précoce est observé par rapport à une irrigation qui ne dépendrait pas d’un tel partage, mais la coordination du réseau par tours d’eau tend à limiter ce stress. Enfin, nous proposons une méthodologie de couplage COWAT (COupling Water and Agent Trajectories) avec le modèle hydrologique spatialisé J2000 et mettons en évidence certains points de vigilance pour assurer la cohérence spatiale à une échelle fine. Au final, le concept d’Affordance permet d’inscrire la modélisation des actions humaines dans un débat interdisciplinaire plus large sur leur représentation et l’hydrologie est pensée en interaction avec ces actions humaines et les enjeux opérationnels de la gestion de l’eau.

 

Mots-clés : irrigation collective ; gestion opérationnelle ; modélisation à base d'agents ; modèle de culture ; modélisation hydrologique distribuée ; Buëch.

 

Bastien RICHARD a soutenu sa thèse en Sciences de l'eau préparée à l'institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech) au sein de l'école doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement et Santé (ABIES)

La soutenance a eu lieu le 17 décembre à 10h00 en Visioconférence du fait de la situation sanitaire, devant le jury composé de :

  • Christophe Cudennec, Professeur, Institut Agro – AgroCampus Ouest, Rapporteur
  • Benoit Gaudou, Maitre de conférences, Université de Toulouse Capitole, Rapporteur
  • Sandrine Anquetin, Directrice de Recherches, CNRS, Examinatrice
  • Delphine Burger-Leenhardt, Directrice de Recherches, INRAE, Examinatrice
  • Rémy Courdier, Professeur, Université de La Réunion
  • Olivier Barreteau, ICPEF, INRAE, Co-Directeur
  • Bruno Bonté, Chargé de Recherches, INRAE, Co-Encadrant
  • Isabelle Braud, Directrice de Recherches, INRAE, Co-Directrice

Résumé de la thèse :

En 2012, l’État turc a lancé le programme « 1000 réservoirs en 1000 jours » pour développer l’irrigation à travers le pays. Cette thèse suit la trajectoire de ces objets (les gölet) pour étudier dans la région d’Izmir les dynamiques sociales, techniques et politiques de l’irrigation. Elle montre d’abord comment la dissémination de petits aménagements à l’échelle nationale matérialise le pouvoir étatique jusque dans les espaces ruraux, et comment l’administration hydraulique turque perpétue sa mission et renforce sa légitimité à travers ce programme. L’appropriation des gölet est ensuite étudiée dans deux villages où les agriculteurs utilisent déjà les eaux souterraines pour irriguer, collectivement à Bağyurdu et individuellement à Emiralem. À partir des adaptations techniques apportées aux systèmes irrigués, elle montre leurs manières de capter les ressources en fonction de l’histoire locale de l’irrigation. Enfin, les négociations et transactions entre les ingénieurs de l’administration et les irrigants sur les conditions de gestion de nouveaux gölet sont analysées dans dix localités. Cette « politique du quotidien » montre comment des dynamiques politiques locales et supralocales façonnent les arrangements sociaux autour de l’eau.

 

La thèse s’intéresse ainsi aux (re)configurations hydro-territoriales à l’œuvre à l’arrivée de nouvelles infrastructures, résultats temporaires de processus polycentriques et tensionnels entre différentes logiques de développement. Elle tisse des liens entre la political ecology et une géographie sociale et politique de l'environnement, entre le façonnage des territoires de l'eau et celui des relations État-société et contribue au débat sur la place du rural dans la géographie actuelle de l'État turc.

 

Mots clefs : Eau de surface, eau souterraine, retenues collinaires, périmètres irrigués, action publique, irrigation, hydrologie, agriculture

 

Thse Selin Le Visage 1 
 Photos : Retenue collinaire de Bağyurdu, district de Kemalpaşa (Izmir), utilisée par une coopérative d’irrigation qui distribue également de l’eau depuis des forages collectifs ©Selin Le Visage 

 

Selin Le Visage a soutenu le 16 décembre 2020 à 14h00, en visioconférence, ses travaux de thèse devant le Jury composé de  :

  • David Blanchon (directeur), Professeur, Université Paris Nanterre
  • Anne Honegger (rapporteure), Directrice de recherche, CNRS
  • Zeynep Kadirbeyoğlu (examinatrice), Maîtresse de conférences (Assoc. Prof.), Université du Bosphore (Boğaziçi üniv.)
  • Marcel Kuper (directeur), Directeur de recherche, CIRAD
  • Élise Massicard (examinatrice), Directrice de recherche, CNRS
  • François Molle (rapporteur), Directeur de recherche, IRD

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette thèse a pour objectif de comprendre quels sont les effets de la diffusion d'information concernant les comportements des agents (ici les niveaux de prélèvements) sur ces derniers. Il s'agit de comparer différentes modalités de fourniture et de partage d'information et d'analyser leurs effets sur les prélèvements observés.

Mots clefs : Partage information, Economie expérimentale

 

Madame Agnalys MICHAUD a soutenu publiquement le vendredi 11 décembre 2020 à 9h30 ses travaux de thèse en Sciences Économiques intitulés "Information sociale et action collective" et dirigés par Monsieur Marc WILLINGER et Stefano FAROLFI

Lieu : Salle du Conseil - Faculté d'Économie -Site Richter, Avenue Raymond Dugrand, 34960 Montpellier

Devant le jury composé de :

M. Marc WILLINGER 

Université de Montpellier 

Directeur de thèse

M. Stefano FAROLFI 

CIRAD 

Co-directeur de thèse

Mme Angela SUTAN 

Burgundy School of Business  

Rapporteure

M. Giuseppe ATTANASI 

Université Côte d'Azur (Nice) 

Rapporteur

Mme Emmanuelle LAVAINE 

Université de Montpellier 

Examinatrice

M. François COCHARD 

Université Bourgogne Franche Comté 

Examinateur

photo1 web© Agence nationale des Barrages et Transferts : Mission hydraulique en Algérie vue d'ensemble sur le barrage prise de Chéliff impliqué dans le grand transfert Mostaganem, Arsew, Oran (MAO)

 

Cette thèse traite la rareté des ressources en eau et la politique de l’eau en Algérie avec un cas d’étude sur le bassin versant de Macta dans la région hydrographique de l’Oranie-Chott-Chergui. Le choix de ce bassin est justifié par plusieurs facteurs. En premier lieu, dans les grands périmètres irrigués (GPI) Habra et Sig, les quotas allouées sont insuffisants pour une irrigation pérenne. En 2017, le  quota d’eau sollicité par les irrigants est estimé à 85 Mm3, alors que les quotas alloués ont avoisiné 51 Mm3 soit un taux de satisfaction qui ne dépasse pas 60 % conduisant ipso facto à une sous utilisation des superficies agricoles équipées. Ainsi sur 27810 hectares équipés, la superficie irriguée est de  12734 ha soit un taux de 46 % (ONID, 2018), donc l’objectif d’expansion des GPI sans une réhabilitation et une maintenance constitue une aberration économique. De plus, les agriculteurs sollicitent de plus en plus les nappes souterraines pour irriguer leurs exploitations (petite et moyenne hydraulique [PMH]) et ce loin de tout contrôle sur les prélèvements réels (78900 ha irrigués en PMH en 2016). Toutefois, bien que le bassin parait en situation d’excédent d’eau, on assiste à la mobilisation des ressources non conventionnelle par la construction de la plus grande station de dessalement de l’eau de mer (SDEM) en Afrique à savoir la SDEM de Macta avec une capacité de production de 500000 m3 par jour et l’importation des ressources en eau à partir d’autres bassins.

 

photo2 web©  Direction de l'Hydraulique Agricole (DHA) : Un système d'irrigation visant à économiser l'eau dans le sud de l'Algérie

 

 

Dès lors, notre réflexion pose les jalons d’une confrontation entre les ressources naturelles en eau et les besoins des différents usagers. Pour cela, nous envisageons de suivre une approche multidimensionnelle, pragmatique, renforcée par des fondements théoriques nouveaux dans la gestion de l’eau et dans la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), et ce en suivant l'eau depuis sa mobilisation jusqu'à son utilisation. L’élément saillant à ce niveau sera l’identification de la forme de la rareté de l’eau en Algérie et dans le bassin étudié à travers un essai de compréhension de la construction sociale de la pénurie en eau dans le bassin étudié (Buchs, 2009 ; 2012) et une lecture critique de l’approche des indicateurs (Falkenmark et al., 1989 ; 1997 ; Sullivan, 2002 ; Jemmali et Sullivan, 2014 ; Molle et Mollinga, 2003 ; Feitelson et Chenoweth, 2002 ; Chenoweth, 2008 ; Giné garriga et Foguet, 2008 ; 2010 ; Damkjaer et Taylor, 2017). Le phénomène de pénurie se caractérise en fait par différentes dimensions sociétales complexes et nous proposons d'examiner l’aspect économique en montrant l’effet d’un manque de prise en compte effectif de la gestion de la demande en eau (GDE) en Algérie et dans notre zone d’étude face à une gestion traditionnelle par l’offre, avec un questionnement sur le bilan hydrique de bassin de Macta et la situation de celui-ci par rapport à l’approche de la fermeture des bassins (Molle, 2003 ; 2003a ; 2008 ; Molle et al., 2010 ; Falkenmark et Molden, 2015) et ce par une étude à la fois rétrospective et prospective (à l’horizon 2035). Le travail vise aussi à introduire des recommandations en faveur du changement des orientations du modèle hydraulique algérien par l’introduction des principes des la GDE comme l’amélioration de l’efficience de l’eau agricole et l'application des nouvelles approches de la gestion de l’eau afin de construire une capacité d’adaptation face à la pénurie.

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