Les systèmes agricoles à l’échelle mondiale, et en particulier en Tunisie, sont soumis à plusieurs contraintes d’ordre naturel et anthropique. En réponse à ces contraintes, les pratiques agroécologiques sont parmi les solutions les plus adaptées aux contextes spécifiques des milieux.

"Le Montpellier Advanced Knowledge Institute on Transistions (MAK'IT) accueille pour une semaine un groupe de jeunes chercheurs étrangers autour du projet "Le remodelage socio-écologique des villes et des aires métropolitaines européennes". Cet accueil s'inscrit dans le cadre de l'appel à candidatures "Constructive Advanced Thinking" (CAT) que MAK'IT lance annuellement en collaboration avec une dizaine d'autres Instituts d'Etudes Avancées (IEA) européens. Celui-ci permet à de petites équipes internationales de jeunes chercheurs, portant des projets de recherche innovants visant à comprendre et relever les défis sociétaux actuels, de se réunir plusieurs fois par an pour de courts séjours au sein des différents IEA partenaires de l’initiative, sur une durée maximale de 3 ans, et de bénéficier de leur environnement de recherche et réseaux."
Résumé :
L’utilisation actuelle des sols et des infrastructures dans les villes reflète souvent les priorités de développement du passé. Plusieurs problèmes environnementaux liés à la qualité de l’air, de l’eau et de la biodiversité dans les zones urbaines ont mis en évidence la nécessité de mettre en place des processus écologiques fonctionnels axés sur le bien-être des populations qui y vivent. En outre, le changement climatique, la croissance socio-économique continue des grands centres urbains, les changements de mode de vie et les besoins de mobilité qui en découlent imposent de nouvelles exigences en matière d’utilisation et de fonctionnalité de l’espace et des infrastructures urbains. Le verdissement urbain devient également une caractéristique essentielle, avec une redéfinition et une amplification de sa fonctionnalité dans les zones urbaines. Grâce à un certain nombre d’initiatives, de stratégies et d’objectifs (par exemple, les stratégies de l’UE en faveur de la biodiversité ou des infrastructures vertes, l’agenda urbain de l’UE, l’initiative pour des solutions fondées sur la nature), la Commission européenne encourage la mise en place d’un réseau cohérent d’infrastructures bleu-vert dans les zones urbaines des pays de l’UE. Les attentes sont très élevées. Le travail conceptuel de base et les projets pilotes ont fourni des indications pratiques, mais des défis extraordinaires de conception et de mise en œuvre subsistent. Notre proposition vise à repenser la socio-écologie des villes au-delà des frontières actuelles de la connaissance (technique, politique et transformative) et à relever les défis sociétaux liés avec des idées intégrées hautement innovantes autour de trois grandes priorités de recherche : (i) les stratégies de transposition à plus grande échelle, (ii) la multifonctionnalité et (iii) le partage des coûts et des avantages et la négociation des compromis entre les différents acteurs.
Pour en savoir plus : https://muse.edu.umontpellier.fr/international/makit/groupe-pilote/
Magalie Bourblanc à soutenu son Habilitation à Diriger des Recherches en Science Politique, le lundi 13 septembre 2021 à 13h30 à l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux - salle A208, 11 Allée Ausone, 33600 Pessac, devant le jury composé de :
- Corinne Delmas, Professeure de Sociologie, CENS, Université de Nantes
- David Demortain, HDR en Science Politique, Directeur de Recherche INRAE, LISIS, Université Paris-Est Marne-la-Vallée (rapporteur)
- Céline Granjou, HDR en Science Politique, Directrice de Recherche INRAE, LESSEM (rapporteure)
- Emmanuel Henry, Professeur en Science Politique, IRISSO, Université Paris-Dauphine/Institute for Advanced Study, Princeton (rapporteur)
- Pieter Leroy, Professeur en Science Politique, Radboud Universiteit Nijmegen/ Professeur Invité à l’Institut d’Etudes Avancées de l’Université de Bordeaux
- Antoine Roger, Professeur en Science Politique, Sciences Po Bordeaux/Centre Emile Durkheim (garant)
- Andy Smith, Directeur de Recherche en Science Politique, FNSP, Sciences Po Bordeaux/Centre Emile Durkheim
La nouvelle sociologie des sciences (aussi appelée Science & Technology Studies-STS) a été d’un grand secours pour ouvrir cette boîte noire. Elle n’a eu de cesse de souligner la part de politique qui se joue dans ce processus de production des connaissances, et de démontrer à quel point les facteurs techniques, sociaux, politiques et économiques sont inextricablement liés au cœur de ce processus. Certains auteurs, en particulier ceux intéressés par la science à destination politique (regulatory science), ne se sont pas contentés de mettre en évidence la dimension socio-politique de la production des savoirs mais se sont également intéressés à leurs effets en retour au niveau politique. S’ils ont parfois péché par un manque d’attention à certains facteurs structurels tels que les asymétries de ressources et de pouvoir entre acteurs et organisations au sein du politique, ils ont eu le mérite de mettre au centre des débats la question de la matérialité dans les sciences sociales. Cet intérêt pour la matérialité est également au centre des préoccupations de la sociologie de l’instrumentation de l’action publique qui entend se pencher, quant à elle, sur les objets techniques comme mode d’expression plus discrète du politique dans la fabrique des politiques publiques.
Ce mémoire à visée programmatique repose la question de ce que fait l’expertise à l’action publique en croisant les approches de ces deux littératures complémentaires que sont l’approche par l’instrumentation de l’action publique et celle en STS. Les apports respectifs de ces deux littératures pourront être favorablement combinés au-travers de l’intérêt porté aux savoirs outillés. En effet, c’est en empruntant au courant de l’instrumentation technique l’idée de prêter attention à l’outillage de l’expertise et à la sociologie des sciences l’idée de s’intéresser à la construction des savoirs de l’expertise que nous avons forgé le concept de « savoir outillé ». A la différence du courant de l’instrumentation de l’action publique, la notion de savoir outillé s’intéresse très en amont, aux étapes de production de la science et des savoirs experts. Par rapport aux STS, la notion de savoir outillé prend en compte le déjà-là de l’action publique : ses cadres, ses acteurs, ses institutions, et sa vision du monde, en somme tout ce qui fait l’épaisseur socio-politique des instruments.
La plupart des travaux autour de l’expertise à destination politique évoquent des effets de cadrage produits par l’expertise scientifique au sein de l’action publique. Le concept de savoirs outillés permet d’aborder ces effets de cadrage mais aussi d’aller au-delà pour étudier des effets plus directement liés à leur dimension matérielle. Nous relions ici cette dimension matérielle aux spécificités des politiques de l’environnement. Leur lien aux objets de nature et au territoire fait que les assemblages socio-techniques produits autour de l’expertise scientifique sont difficiles à stabiliser au départ. Il en découle qu’ils s’avèrent relativement peu négociables par la suite lors de leur circulation dans diverses administrations publiques : la complexité et le niveau d’incertitude qu’ils doivent gérer est telle que cela favorise l’inertie plutôt que les opportunités d’ajustements ou de re-définition. Nous évoquons dès lors la dynamique des effets institutionnels produits, à savoir des effets verrou et plus généralement des effets de dépendance aux savoirs outillés au sein de l’action publique. A l’appui de cette discussion, nous sommes partis de propositions développées sur des terrains en France et en Afrique du sud, autour notamment de la question des pollutions diffuses agricoles, des problèmes d’eutrophisation et d’algues vertes et des débits écologiques dans les rivières.
En recourant au concept de savoirs outillés pour analyser l’expertise scientifique comme opérateur du changement (ou de la résistance au changement) au sein de l’action publique, on s’écarte d’une sociologie plus classique des transferts de normes ou de la traduction, centrée sur des acteurs intermédiaires ou passeurs. Ce mémoire inédit s’interroge enfin sur l’opportunité d’esquisser dans le sillage de ce concept de savoirs outillés une science politique moins anthropocentrée : une science politique environnementale en quelque sorte de la même façon qu’il existe par exemple une sociologie environnementale autour de cette injonction au « bring the material back in » dans les études sur les problèmes d’environnement.
Bruno Cheviron a soutenu son Habilitation à Diriger les Recherches intiulée : "Modélisation physique des transferts dans l'environnement : l'eau comme vecteur de la chaleur, des solutés et des sédiments"
Le 15 juillet 2021 à 14h00 en visio-conférence
devant le jury composé de :
Rapporteurs
- Isabelle Cousin, Directrice de Recherche, INRAE Orléans, Directrice de l'UR SOLS, Thématique : Physique du Sol
- John Wainwright, Full Professor, Durham University, Department of Geography, Thématique : Hydrologie, Erosion
- Stéphane Zaleski, Professeur, Paris Sorbonne Universités, Institut d'Alembert, Thématique : Méthodes numériques, Physique
Examinateurs
- Nadia Carluer, IPEF, INRAE Lyon, UR RiverLy, Thématique : Hydrologie, Transferts de solutés
- Mohamed Naaim, Directeur de Recherche, Chef du Département AQUA d'INRAE, Thématique : Ecoulements à surface libre,
Ecole Doctorale GAIA
- François Colin, Professeur, Montpellier SupAgro, UMR G-EAU, Thématique : Eau, Sol, Environnement
Résumé
Les versants sont traversés par des flux multiples entre leurs différents objets (parcelles, sol, nappes, rivières, ravines, végétation) avec l'eau comme vecteur principal des transferts, qui concernent également la chaleur, les solutés et les sédiments. Ces transferts se produisent sur une très large gamme d'échelles d'espace et de temps, ils sont le fruit de processus physiques très différents, dont la modélisation fine fait appel à plusieurs disciplines (physique du sol, hydrologie, érosion, agronomie) quand une compréhension plus globale nécessite des ponts entre disciplines, dans la recherche d'une vision intégrée. Mes travaux se sont d'abord situés à l'échelle de la pièce élémentaire du puzzle, celle des formalismes et méthodes numériques complexes, avant de voyager à travers les échelles et disciplines mobilisées dans l'équipe OPTIMISTE, l'UMR G-EAU, le périmètre Eau-Agriculture et le Département AQUA, avec toujours un appétit pour les approches transverses et méthodologiques, ce qui me porte naturellement vers des tâches d'animation scientifique.
Une partie de mon projet est de connecter le passé à l'avenir en alimentant nos recherches actuelles sur l'irrigation avec des compétences particulières (géophysique, solutés, maths de la gestion du temps réel) mais aussi en supervisant la mise en œuvre d'un développement collaboratif et ouvert de nos outils, en particulier pour un upscaling forcément plurisdisciplinaire : modélisation spatialement distribuée à l'échelle du territoire, par exemple en initiant la création d'un "simulateur de périmètre irrigué".
L'autre partie de mon projet est de revenir vers du "modèle physique" (équations des écoulements à surface libre, érosion et transport dans les écoulements minces, échanges thermiques des îlots de fraicheur en milieu urbain) sans perdre le lien avec le contexte agricole, mais en explorant de nouvelles directions.
©j.beraud, parcelle expérimentale reuse, Saint Martin de Castillon, 2017
Dans le contexte actuel de changement climatique, les ressources en eau en France sont soumises à une forte pression. Les évènements extrêmes s’intensifient avec davantage de catastrophes naturelles liées à l’eau et des sécheresses plus fréquentes. La réutilisation des eaux usées traitées (REUT) est une des solutions mise en avant par l’Etat français pour lutter localement contre le manque d’eau. Cette pratique est encore peu développée et son acceptabilité sociale inquiète.
Adossée au projet Read’Apt, cette thèse Cifre est financée en partie par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et co-encadrée par la SCP, IMSIC et INRAE. Elle s’intéresse à l’intégration d’un objet technique, la REUT, au sein d’un territoire sujet à une aridité chronique, le Luberon. L’acceptabilité sociale est au cœur de ce travail doctoral qui décortique cette notion « embarrassante » avant de la mobiliser, non pas comme un but à atteindre, mais comme un principe de co-construction.
Ce travail propose une analyse détaillée de la réception sociale de la REUT. L’originalité de cette recherche-action est d’aborder également un schéma communicationnel bidirectionnel au sein d’espaces de médiation. Des dispositifs de communication participative ont été conçus dans la perspective d’une transformation conjointe de l’objet technique et de l’usager. Une méthodologie mixte basée sur des enquêtes, entretiens, ateliers et sessions de jeux sérieux a été déployée. Les résultats obtenus posent des premiers jalons pour envisager l’association des termes de participation et acceptabilité dans le champ de la communication environnementale.
Mots clés : REUSE, PERCEPTION SOCIALE, ACCEPTABILITE, PARTICIPATION, COMMUNICATION
Damien Jourdain a soutenu son Habilitation à Diriger les Recherches intitulée « Développement agricole durable : Comprendre, anticiper et influencer les choix de technologie des agriculteurs ».
La soutenance a eu lieu en ligne le 28 Juin 2021 à 14 heures en visio conférence.
Pour plus d'information, vous pouvez contacter Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.et télécharger le document ci-contre :
Pour en savoir plus sur Damien Jourdain : https://damienjourdain.netlify.app
Marielle Montginoul, économiste au sein de l’UMR G-EAU et Présidente du conseil scientifique de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, intervient lors de cette journée d'échanges, le 29 juin 2021, en tant que GRAND TEMOIN, sur le thème "Tensions sur la ressource : jouons collectif !"
Pour en savoir plus, télécharger le programme ci-contre :
Christelle Gramaglia a soutenu son Habilitation à Diriger les Recherches intitulée « Pollutions, vies altérées et nouvelles socialités chimiques »
La soutenance a eu lieu à l’Université de St Etienne le 23 juin 2021 à 14h devant le jury suivant :
- Madeleine Akrich (rapportrice),
- Soraya Boudia (examinatrice),
- Florian Charvolin (garant),
- Hervé Flanquart (examinateur)
- Sophie Houdart (rapportrice).
Résumé : Ce mémoire est consacré aux pollutions et à leurs conséquences sur l’habitabilité des milieux soumis à de fortes pressions industrielles. Il s’appuie sur une série d’enquêtes conduites en France (Viviez, Salindres, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis du Rhône), en Espagne (Sierra Minera de Carthagène) et au Portugal (Esterreja) auprès de riverains d’usines et d’anciennes mines. Elle y décrit la manière dont des substances chimiques sont rendues capables d’induire des perturbations parfaitement perceptibles, avant même qu’elles ne soient en mesure de causer des problèmes de santé. Elle explique que l’accent, habituellement mis, sur le caractère invisible des pollutions conduit à disqualifier les savoirs des habitants, au profit des experts. Elle insiste, au contraire, sur la matérialité des résidus concernés, qui deviennent tangibles quand ils s’accumulent, et de ce fait, reconnaissables par les profanes. Elle montre qu’ils leur imposent une cohabitation forcée, génératrice d’altervies. Elle emprunte ce terme à l’historienne Michelle Murphy pour désigner des vie humaines et non humaines altérées, et transformées par les pollutions, au sens de connectées de différentes manières aux paysages, à la production et à la consommation. Elle se donne pour tâche de les documenter avec l’intention de repenser, plus largement, notre condition d’habitants de l’anthropocène.
Après un chapitre de cadrage théorique (1) son propos se décline en quatre parties empiriques. (2) D’abord, elle traite des expériences sensibles de la catastrophe chronique. Elle raconte comment les pollutions se manifestent au quotidien, affectant les relations sociales et écologiques constitutives de milieux particuliers. (3) Elle indique toutefois que dans les sites étudiés, leurs effets corrosifs sont limités : rares sont les habitants des villes industrielles visitées qui souhaitent déménager à cause des risques environnementaux et sanitaires. La plupart évoquent des attachements forts qui les lient, non pas seulement à des lieux ou à leurs proches, mais à des assemblages singuliers d’êtres et de choses qui les obligent. Cela permet de pointer un certain nombre de pratiques qui s’apparentent à des soins dont l’objectif est de réparer les assemblages abimés. (4) A un autre niveau, elle note que certains habitants déploient des ethnométhodes leur permettant de vivre avec la menace. Il s’agit de tactiques bricolées destinées à réduire l’exposition aux pollutions, sans remettre en cause des habitudes et des loisirs prisés, supports d’une sociabilité plus qu’humaine étendue. Elle ne juge pas de l’efficacité de ces arts de faire, mais constate seulement qu’ils nous renseignent sur les contraintes et les coûts générés par l’intrusion mal contrôlée de résidus industriels dans les milieux habités. Ils signalent aussi le manque d’informations sur les risques, adaptées aux territoires productifs. Ils nous invitent enfin à reconsidérer les savoirs des habitants pour définir des façons de les gérer plus précautionneuses. (5) Ce mémoire se termine d’ailleurs en évoquant des expérimentations scientifiques, citoyennes et multispécifiques novatrices, susceptibles de produire d’autres savoirs sur les pollutions, à la fois situés et responsables. Il nous offre ainsi des pistes pour imaginer des stratégies de récupération collaborative.





