Rahim Ouedraogo a soutenu ses travaux de thèse de doctorat en sciences économiques, intitulés « Analyse des déterminants socioéconomiques et psychosociaux de la décision d’adoption d’innovations par les agriculteurs : Cas de l’irrigation de complément au Burkina Faso ».
La soutenance s'est droulée, le jeudi 9 décembre 2021
 
Devant le jury composé de :
  • Mme Laure LATRUFFE, Directrice de recherche, Université de Bordeaux (Rapporteure)
  • M. Noël THIOMBIANO, Professeur agrégé, Université
  • Thomas SANKARA (Rapporteur)
  • M. Patrick DUGUÉ, Chargé de recherche, CIRAD Montpellier (Examinateur)
  • M. Tristan LE COTTY, HDR, CIRAD Montpellier (Examinateur)
  • M. Arnaud REYNAUD, Directeur de recherche, Toulouse School of Economics (Examinateur)
  • Mme Marielle MONTGINOUL, Directrice de recherche, INRAE - UMR G-Eau (Directrice de Thèse)
  • M. Bruno BARBIER, Chargé de recherche, CIRAD - UMR G-Eau (co-encadrant)

Résumé :

bassin de stockage de leau pour lirrigation complmentaire au BF© Bruno BARBIER - Bassin de stockage de l'eau pour l'irrigation complémentaire au Burkina Faso


En Afrique subsaharienne, l’adoption des innovations agricoles demeure faible, ce que beaucoup considèrent comme la principale cause de la faible productivité agricole, de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité. L’agriculture africaine est fragilisée par la grande variabilité pluviométrique et par la progressive dégradation des sols. Les freins à cette adoption ont fait l’objet de nombreuses investigations, mais les facteurs habituellement avancés, de nature socioéconomique, comme l’éducation ou l’accès au crédit, expliquent souvent mal les différences d’adoption. Plusieurs observateurs soupçonnent que le contexte culturel et les facteurs psychosociaux contribuent à expliquer cette situation. La présente recherche vise à améliorer cette compréhension du comportement des agriculteurs face aux innovations, en déterminant l’effet de ces facteurs dans la décision des agriculteurs. Pour ce faire, cette recherche s’est intéressée à une innovation considérée prometteuse, au centre des initiatives agricoles dans certains pays sahéliens, particulièrement au Burkina Faso : l’irrigation de complément à partir des bassins de collecte des eaux de ruissellement des pluies (BCER). Elle vise à sécuriser les cultures face aux déficits hydriques lors des séquences de sécheresse en saison pluvieuse. Les enquêtes de terrain ont été réalisées en deux étapes. La première a consisté à rencontrer trois types d’acteurs : 2 tenants des us et coutumes ; 16 acteurs institutionnels et 33 agriculteurs qui ont finalisé le creusement de leur bassin. Cette première enquête semi-structurée a permis d’élaborer le questionnaire de la seconde, qui, celle-ci quantitative, a été conduite auprès de 315 agriculteurs, dont 128 adoptants. Les données collectées ont été analysées à travers une approche hybride, inspirée de l’économie, la psychologie et la sociologie. Ces données ont permis de caractériser la représentation sociale de l’innovation pour l’ensemble des acteurs et d’identifier les principaux facteurs pouvant influencer la décision des agriculteurs. Les résultats ont d’abord montré que les agriculteurs ont en général une intention plutôt favorable à l’adoption de cette innovation. Les acteurs institutionnels contribuent à renforcer cette intention, en agissant sur les normes sociales et les comportements contrôlés des agriculteurs. Toutefois, contrairement aux attentes des acteurs institutionnels qui visent la sécurité alimentaire, donc plutôt la production de céréales, les agriculteurs préfèrent utiliser l’irrigation de complément pour les cultures de rentes, telles que les légumes. Les résultats indiquent également que les facteurs psychosociaux exercent une grande influence sur la décision des agriculteurs. Ainsi, la peur de perdre du prestige social en cas d’échec contribue à limiter le passage d’une intention favorable à l’adoption à une réelle adoption.

 

Mots clés: Adoption d’innovations, Agriculteurs, Institutions, Irrigation, Perceptions, Préférences.

 

 

La fabrique d’une anthropologie « chez » les hydrologues repose sur une pratique scientifique originale, qui interroge la rencontre des sciences de la nature et celles de la société, ainsi que le rôle de l’anthropologue dans ce contexte interdisciplinaire.
À partir de son expérience, Jeanne Riaux analyse la manière dont des scientifiques de disciplines différentes travaillent sur un même terrain et construisent un raisonnement commun.
 
2021 12 Cornu 1Vendredi 03 décembre 2021 à 11h00, Pierre Cornu, Professeur d’histoire contemporaine & d’histoire des sciences, Université Lyon 2 / Inrae, a présenté ses travaux intitulés "L’émergence de la question environnementale dans la recherche publique française. Leçons et perspectives d’un chantier d’histoire collaborative".
 

Résumé :

Inscrite dans une tradition remontant au programme des Lumières et à sa traduction ingénieriale au 19e siècle, la recherche française sur l’agriculture, l’eau et la forêt s’est trouvée dans une situation paradoxale au moment de la mise à l’agenda de la question environnementale au tournant des années 1970. D’un côté en effet, les grandes écoles spécialisées et leurs laboratoires, l’Inra et les grands instituts techniques (Ctgref, Cneema, etc.) pouvaient se prévaloir d’une expertise au long cours sur la gestion des ressources et le développement des territoires. Mais d’un autre côté, ces organismes se trouvaient directement mis en cause par la critique du « progrès » scientifique et technique dont étaient porteuses les formes nouvelles d’engagement pour l’environnement. Ce n’est cependant pas selon une ligne de faille entre chercheurs et citoyens que le débat s’est organisé, mais dans une réflexion critique à la fois interne et externe à la recherche sur les limites de la rationalisation économique des bioressources, à l’origine d’un profond renouveau épistémologique et axiologique de la recherche publique. Le développement de l’interdisciplinarité, des approches systémiques et du dialogue sciences-société s’est ainsi nourri des questions environnementales autant qu’il a contribué à les structurer.

 

Initié au sein du Comité d’histoire Inrae sur les questions agricoles métropolitaines dans un premier temps, ce questionnement s’ouvre aujourd’hui à une perspective à la fois plurithématique et transnationale, qui place au centre de ses interrogations l’impact de la question environnementale sur la relation entre recherche, société et territoires dans l’anthropocène. C’est donc à identifier les questions et les ressources d’un tel chantier que cette présentation sera consacrée.

Le 26 novembre 2021 à 11h00, Julien Malard nous a présenté ses travaux intiulés "Modélisation participative en agroécologie".

 
julien malard 1Résumé :

Ma recherche porte sur l’utilisation de différentes formes de modélisation dynamique et participative dans le contexte de l’agroécologie à petite échelle et de la gestion des ressources en eau dans les pays du Sud (Guatemala, Inde). Du côté socio-économique (Guatemala), ma recherche utilise des méthodes de modélisation participative des dynamiques des systèmes afin de développer, en collaboration avec les parties prenantes, des politiques holistiques pour améliorer la gestion des ressources en eau (eutrophisation du lac Atitlán) et la sécurité alimentaire (logiciel Tinamït). Je m’intéresse particulièrement au développement de méthodes plus inclusives afin de faciliter la participation des parties prenantes fréquemment exclues ou marginalisées du processus (p. ex., les peuples indigènes). Du côté agronomique, ma recherche porte sur le développement de modèles de simulation des réseaux trophiques, par l’entremise desquels l’on peut mieux comprendre – et prédire ou prévenir – les dynamiques des organismes nuisibles et auxiliaires dans les petites parcelles (logiciel Tiko’n). Ces modèles pourraient ensuite contribuer à mieux comprendre et à faciliter la transition agroécologique dans les pays du Sud.

Ma recherche plus récente porte sur le développement d’outils pour faciliter la documentation et le partage des technologies d’agriculture écologique développées par les agricultrices et agriculteurs à petite échelle. Le développement du logiciel Constellation, un réseau distribué (sans serveur) pour le partage direct des données hydrologiques et autres issues de la science citoyenne, s’inscrit aussi dans la cadre de cette recherche.

Jean-Baptiste Charlier a soutenu son Habilitation à Diriger les Recherches intitulée "Hydrosystèmes hétérogènes : processus et réponses au changement global - Regards croisés de l’hydrogéologie et de l’hydrochimie"

Le 26 novembre 2021 à 14h à Montpellier SupAgro - 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier CEDEX 2 - Salle des conseils "P.Raynaud" (Bât. 11 - Château niv. 2)

devant le jury composé de :
Luc AQUILINA
Professeur, Univ. Rennes 1
Rapporteur
Nico GOLDSCHEIDER
Professeur, Karlsruhe Institute of Technology (Allemagne)
Rapporteur
Nicolas MASSEI
Professeur, Univ. Rouen Normandie
Rapporteur
Bartolome ANDREO
Professeur, Univ. Malaga (Espagne)
Examinateur
Benoît DEWANDEL
Chercheur, BRGM Montpellier
Examinateur
Roger MOUSSA
Directeur de Recherche, INRAE Montpellier
Examinateur
Sarah TWEED
Chargée de Recherche, IRD Rabat (Maroc)
Examinatrice
Michel BAKALOWICZ
Chercheur associé, Univ. Montpellier
Invité

 

Retransmission streaming en direct sur : https://www.youtube.com/channel/UCXy446jSUTkPm_dTLdWj0Qg

 

Résumé :

La ressource en eau souterraine est soumise à de fortes tensions en lien avec une intensification des activités humaines, une modification des usages, et un contexte de réchauffement climatique. Dans de nombreuses régions du globe, les propriétés hétérogènes des aquifères favorisent les interactions avec la surface, ce qui implique alors de penser l’évaluation de la ressource en eau à travers la notion d’hydrosystème, continuum hydrique englobant l’ensemble des circulations de surface et souterraines.

Mon parcours scientifique depuis 13 ans offre un regard croisé utilisant l’hydrogéologie et l’hydrochimie pour l’analyse des processus des hydrosystèmes hétérogènes et leurs réponses au changement global.

Un premier axe de recherche est dédié à l’observation multi-échelle des flux hydrochimiques des hydrosystèmes karstiques et volcaniques à travers la question : que nous apprennent les données ? Un deuxième axe est dédié à la modélisation hydrologique qui intègre des données physico-chimiques dans l’idée de « faire parler » les modèles afin de mieux comprendre le fonctionnement des hydrosystèmes. Un troisième axe est consacré à l’analyse des réponses de ces hydrosystèmes au changement global par l’analyse de signaux hydro-climatiques sur le long terme, et par la caractérisation des impacts des activités anthropiques sur la qualité de l’eau.

Les résultats de mes travaux ont permis d’améliorer les schémas conceptuels hydrogéologiques des hydrosystèmes hétérogènes. Ils démontrent la complexité de ces systèmes en termes de modalité d’écoulements souterrains, d’interactions surface-souterrain et de transport de solutés. Cela se traduit par des signatures hydrologiques spécifiques - bien identifiées en regard des autres hydrosystèmes - qu’il convient de caractériser pour mieux comprendre le devenir des contaminants et plus largement les effets du changement global. La modélisation hydrologique doit également s’adapter pour tenir compte des signatures physico-chimiques si l’on veut poursuivre les efforts vers le développement de modèles robustes dédiés à la gestion et à la protection de la ressource en eau de ces systèmes complexes.

Le 29 octobre 2021 à 10h00, Mathilde Fautras et Abdellah Hmouri nous ont présenté leurs travaux autour du thème "Recomposition des dynamiques rurales au Maghreb : accaparement des ressources et logiques paysannes".
 
Pour en savoir plus, téléchargez le document ci-contre : 
 
Résumé :
A partir de l’étudede la construction de l’accaparementdes ressources au Maroc et en Tunisie, l’objectif de ce séminaire était de donner à voir la diversité des logiques paysannes explicatives des modalités d’organisation, de spéculation ou encore de négociation autour de l’eau et de la terre. Ces regards croisés proposent de renouveler la lecture des dynamiques rurales au Maghreb, en mettant l’accentsur les processus de recomposition de collectifs parfois anciens, de leur restructuration et/ou de leur délitement.

L’objectif de cette thèse est de s’appuyer sur les gaz dissous et notamment l’Excès d’Air – EA calculé à partir des gaz néon-argon-azote, pour développer de nouveaux traceurs informant des conditions et modalités de la recharge des aquifères et plus particulièrement, pour les systèmes karstiques sur l’importance (1) des mises en charge au sein des réservoirs karstiques et (2) des échanges drains/matrice au sein des réservoirs. Les travaux de thèse reposent sur deux sites pilotes : le bassin d’alimentation du Durzon (Causse du Larzac – milieu dolomitique, non exploité) et le bassin d’alimentation du Lez (karst Nord-montpelliérain – milieu calcaire, exploité pour l’AEP) ce qui permet d’évaluer (1) le rôle de la lithologie dans l’acquisition des signatures des gaz dissous et (2) le rôle de la gestion active par pompage (Lez) dans l’évolution de l’excès d’air.


Au préalable au développement de traceurs innovants de la recharge, un travail de compréhension du mécanisme de formation de l’EA a été mené d’un point de vue théorique et conceptuel puis par une approche modélisation à l’aide d’un modèle hydrodynamique couplé à un modèle de mélange d’EA (sur le bassin d’alimentation du Durzon). Cet aspect de modélisation permettrait d’implémenter un modèle numérique de type modèle à réservoir en y apportant de nouvelles contraintes de type données hydrogéochimiques.

Un suivi innovant des gaz nobles par spectrométrie à phase gazeuse permettant un suivi continu infra-journalier a permis de suivre les dynamiques d’évolution des gaz nobles lors d’une crue de reprise sur le bassin d’alimentation du Lez. Ce suivi a permis de mettre en avant le potentiel d’informations qu’apporte les gaz dissous pour une meilleure compréhension des processus hydrogéologiques au cours de la recharge avec notamment l’hélium et l’argon qui mettent en évidence des différences de dynamiques d’écoulement à la source au cours de la crue et renseignent sur l’origine et la nature des réservoirs mobilisés.

 

Mots clés : aquifère karstique, excès d’air, gaz dissous, recharge, transferts

 

thse LAINA 1 thse LAINA 2 Thse LAINA 4

Figure 1: photo prise par Remi Muller (HSM) – prélèvements des paramètres physico-chimiques et gaz dissous en souterrain sur le bassin d’alimentation du Durzon (-9m de profondeur – aven des Reynelles – Causse du Larzac)

Figure 2: photo prise par Alain Jacquet - préparation pour un échantillonnage en souterrain avec des spéléologues (bassin d’alimentation de l’Ironselle – Causse Méjean)

Figure 3: photo prise par Remi Muller (HSM) - illustration du sujet de thèse : étude des transferts d'eau et de gaz lors du transferts le long de la Zone Non Saturée

    

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Figure 4: Manip de mesure en continu des gaz dissous lors d'un épisode de recharge intense sur le bassin d'alimentation du Lez (Nord Montpellier)

 

 


 

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